Cote d’Ivoire / Déchets toxiques / Le rapporteur spécial de l’ONU déplore un manque de coordination en Cote d’Ivoire

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 dimanche 10 août 2008 - Par ONUCI -
ABIDJAN — Le Gouvernement n’avait ni les capacités, ni n’était préparé à gérer une crise du genre de celle causée par le déversement de déchets toxiques sur le territoire ivoirien le 19 août 2006, a estimé vendredi à Abidjan, le Rapporteur spécial sur les conséquences néfastes des mouvements et déversements illicites de produits et déchets toxiques et nocifs pour la jouissance des droits de l’homme..

S’exprimant lors du point de presse marquant la fin de sa visite d’une semaine en Côte d’Ivoire, Mr Okechukwu Ibeanu a rappelé face à l’envergure et à la tâche colossale suscitée par une telle situation, les ministères techniques et la cellule présidentielle qui ont été mobilisés pour y faire face n’avaient « ni la capacité ni le budget voulu pour gérer une telle crise ».

Par ailleurs, aux dires de M. Ibeanu, le manque de coordination a rendu inefficace la réaction face à cette crise. C’est pourquoi il a appelé le gouvernement « à inclure la société civile et les associations de victimes dans le suivi de cette crise » dont la « voix est essentielle et pertinente dans l’information du gouvernement en ce qui concerne les besoins des populations et la réalité sur le terrain » a-t-il précisé.

Face au constat qu’il a dressé, à savoir que sur les 18 points dans 7 sites, situés à Abobo, Akouedo, Koumassi, Maca, Plateau Dokui, route d’Alepe et Vridi depuis deux ans, ceux-ci n’ont toujours pas été décontaminés et continuent de menacer la vie et la santé de dizaines de milliers d’habitants appartenant à toutes les couches sociales d’Abidjan. Il a exhorté le Gouvernement à assurer la prise en charge sanitaire et financière des victimes. Son appel s’est étendu à la communauté internationale. « Je l’exhorte à fournir d’urgence davantage d’assistance technique à la Côte d’Ivoire. Je salue des organes tels que le Programme de Nations Unies pour l’environnement, la Convention de Bâle qui ont apporté un concours technique en aidant le Gouvernement à mettre en place une installation de traitement des déchets ainsi qu’un laboratoire souterrain à Abidjan » a plaidé M Ibéanu.

Il a également lancé un vibrant appel Gouvernement ivoirien pour harmoniser les listes des victimes en vue d’une meilleure l’indemnisation de celles-ci. Selon lui, beaucoup reste à faire. « D’aucuns se plaignent de n’avoir pas réussi à s’inscrire pour obtenir d’indemnisation, d’autres regrettent que l’indemnisation reçue ne soit pas suffisante, tandis que d’autres encore n’avaient strictement rien obtenu » a révélé le Rapporteur spécial.

Il a estimé que face l’ampleur de ce fléau des mesures urgentes sont à prendre. Donner plus de ressources financières et de médicaments au Ministère de la santé afin d’assurer le suivi voulu dans l’intérêt des victimes et de surveiller les sites de déversement de déchets toxiques. Il a déploré que si, au début de la crise des soins médicaux gratuits ont été prodigués aux victimes, cela n’est plus le cas à l’heure actuelle.

« J’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreuses victimes qui manifestent encore de graves symptômes suite à une exposition aux déchets …. Parmi les victimes, j’en ai rencontré de particulièrement vulnérables : elles n’ont pas assez d’argent pour se nourrir, sans parler des frais onéreux des soins »

C’est pourquoi il a souhaité que le Gouvernement prenne de façon urgente des mesures pour installer des blocs de soins intensifs dans les grands hôpitaux afin d’y soigner les nouvelles manifestations d’affections liées au déversement de déchets et surtout relance la procédure pénale en souffrance à l’égard des particuliers et des entreprises impliqués dans cette catastrophe. « Cela aurait pour effet d’envoyer un message haut et fort aux autres entreprises transnationales et aux autres individus afin qu’ils sachent que de tels crimes ne peuvent demeurer impunis et que l’Afrique n’est pas une décharge dont on peut faire bon marché. Les victimes doivent obtenir la justice qu’elles méritent » a indiqué M Ibéanu qui a annoncé qu’après l’étape de Côte d’Ivoire, il va se rendre d’ici la fin de l’année Royaume des Pays-Bas. « Vous n’êtes pas sans savoir que le Probo Koala avait entamé son périple à Amsterdam. Ma mission dans ce pays comprendra des entretiens avec diverses parties prenantes, dont l’entreprise intéressée, Trafigura » a-t-il rappelé pour mémoire.

SOURCE : Mission of UN in Côte d’Ivoire



Côte d`Ivoire/Déchets toxiques: l`ONU demande de relancer la justice

 vendredi 8 août 2008 - Par AFP
ABIDJAN - Le rapporteur spécial de l'ONU, M. Okechukwu Ibeanu, en visite à Abidjan, a souhaité vendredi la relance des procédures judiciaires dans l'affaire des déchets toxiques déversés dans la capitale ivoirienne en 2006, en dépit d'un arrangement conclu en 2007.
"Le gouvernement de Côte d'Ivoire devrait relancer la procédure pénale en souffrance à l'égard des particuliers et des entreprises impliqués dans cette catastrophe", a déclaré M. Ibeanu, le rapporteur spécial de l'ONU sur les conséquences néfastes des mouvements et déversements illicites de produits et déchets toxiques.
"Cela aurait pour effet d'envoyer un message haut et fort aux entreprises transnationales et aux autres individus afin qu'ils sachent que de tel crimes ne peuvent pas demeurer impunis", a ajouté M. Ibeanu qui s'exprimait au terme d'une mission de quatre jours dans la capitale économique ivoirienne.
L'"Afrique n'est pas une décharge dont on peut faire bon marché", a-t-il poursuivi, soulignant que "les victimes doivent obtenir la justice qu'elles méritent".
Après le protocole d'accord du 13 février 2007, Trafigura, l'affréteur du cargo Probo Koala, avait versé 95 milliards de FCFA (environ 145 millionsd'euros) à l'Etat ivoirien au titre de l'indemnisation pour cette pollution qui a provoqué la mort de 16 personnes et l'intoxication de milliers d'autres.
En échange, Trafigura avait obtenu l'abandon des poursuites judiciaires en Côte d'Ivoire et la libération de deux de ses cadres dirigeants, placés en détention provisoire.
Le navire qui avait transporté le produit toxique avait fait escale dans le port d'Amsterdam, et une partie de sa cargaison avait été transférée par la société de retraitement des déchets Amsterdam Port Services (APS).
M. Ibeanu a également annoncé qu'il effectuerait "avant la fin de l'année"une mission aux Pays-bas afin de se "faire une idée plus complète des évènements et attribuer les responsabilités".



Le rapporteur spécial des Nations Unies visite les sites de déversement des Déchets toxiques

jeudi 7 août 2008 - Par Autre presse -
GABONEWS - Le rapporteur spécial des Nations Unies, Okechukwu Ibeanu visite depuis jeudi dans le district d`Abidjan, les sites de déversement des Déchets toxiques, pour étudier leur impact.

Le rapporteur spécial, Okechukwu Ibeanu, professeur en sciences politiques à l'Université du Nigéria, doit soumettre un rapport contenant ses conclusions et recommandations au Conseil des droits de l'homme de l'ONU en 2009, relatif au déversement de déchets toxiques d'un cargo grec, le Probo Koala, en août 2006 à Abidjan.

Ces déchets ont fait des dizaines de morts et de nombreux malades dans les zones ou ils ont été déversés.

Jeudi, Okechukwu Ibeanu a visité quelques uns des sites pollués.

Mercredi, il s’est rendu, à la rencontre des autorités de la Primature pour des entretiens sur la situation en Côte d’Ivoire depuis le déversement des déchets toxiques en Côte d’Ivoire.

« Ma mission vient à peine de commencer. Je suis encore en train de recueillir le maximum d’informations. Mais, je peux vous assurer qu’à l’occasion de la conférence de presse prévue vendredi, je reviendrai sur les conclusions principales que je tirerai. Je vous demande donc de patienter jusqu’à vendredi »avait-t-il déclaré.

M. Ibeanu est basé à Abidjan pour la durée de sa mission annoncée du 04 au 9 août prochain.


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