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Ivoirenews.net - Tiburce Koffi, écrivain: “L`emprisonnement d`Assalé ou les iniquités d`un pouvoir répressif et moribond”

Tiburce Koffi, écrivain: “L`emprisonnement d`Assalé ou les iniquités d`un pouvoir répressif et moribond”

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samedi 12 janvier 2008 - Par Le Nouveau Réveil -
Assalé Tiémoko, c'est ce jeune ivoirien, sorti de nos universités depuis quelques années, et qui, son parchemin dans un porte-documents qu'il ''trimbale'' à longueur de journées sur lui, dans les administrations de notre pays et dans les sociétés privées de la place, cherche, vainement, un emploi. Pour lui, comme pour la plupart des jeunes ivoiriens qui avaient placé mille espoirs en l'avènement du pouvoir de M. Laurent Gbagbo et de ses refondateurs, le rêve d'une vie meilleure dans le travail honnête et bien payé, s'est envolé depuis belle lurette. Pour ronger son amertume et s'occuper, il publie, de temps en temps, des articles de circonstance, dans le quotidien " Le Nouveau Réveil ". Il m'est souvent arrivé de lire les articles (au demeurant bien écrits) de ce jeune homme dont j'ai eu l'occasion de faire la connaissance. Sa conversation, posée et intelligente, m'a permis de me faire une petite idée de lui : oui, Assalé Tiémoko est un des (rares) bons produits de nos universités, par la qualité de la réflexion et celle (fait rarissime) de sa plume.

Il croupit, depuis quelques semaines, derrière les barreaux de la MACA. De l'étranger où je suis depuis quelques mois, j'ai suivi, grâce à Internet, les péripéties du drame que vit ce jeune homme. Je voudrais, ici, saluer ceux d'entre mes compatriotes (et ils sont nombreux) qui n'ont pas hésité à prendre fait et cause pour ce jeune homme : journalistes (à l'exemple de mon ami Venance Konan, et ceux du journal " le Nouveau Réveil "), juristes (merci Maîtres Metennon et Jeannot Ahoussou Kouadio), le Pr Yacouba Konaté, Tiémoko Coulibaly (à Paris), citoyens anonymes, ayant compati, dans le silence et la crainte de la répression, au drame d'Assalé ; sans oublier les nombreux internautes qui n'ont eu de cesse de m'instruire, régulièrement, des étapes de cette affaire…
L'objet du délit, est un article, que son auteur a voulu, et même, conçu, comme une fiction : c'est le récit, a-réaliste et surréel, d'une visite qu'effectue Dieu-le-Père, dans un pays corrompu… jusqu'à son appareil judiciaire ! Les noms des personnages de cette fiction, cachent à peine ceux (en anagrammes) de personnes réelles, qui régentent le monde judiciaire ivoirien. Une erreur d'amateur ! - en dirait-on, dans notre métier. ''Un choix esthétique, sans doute'', en penserait l'analyste avisé. ''Une faute criminelle et pendable !'', hurle, cependant, intraitable comme Jupiter du haut de l'Olympe, le Grand régisseur de notre appareil judiciaire. A l'état civil, ce dernier répond du nom de Tchimou ; mais il s'est reconnu (comment, pourquoi et par quelle magie verbale ?), en l'appellation de Moukki, une création onomastique du jeune auteur ; tandis que, sa secrétaire, (une certaine Cécile) se reconnaît aisément en Cilecé...

Non, mon intention n'est pas de réfuter cette thèse. Je la soutiens même. Mais je dis, tout simplement : et alors ? Oui : et alors ?...

Autres temps, autres mœurs

Autres temps, autres mœurs ! Ah temps ! Que n'as-tu pu suspendre ton envol ? Et pourquoi ne te préoccupes-tu pas de ramener tous ces inquisiteurs nouveaux, aux souvenirs de ces années de littérature rebelle, où le Premier magistrat de notre pays, Félix Houphouët-Boigny, était régulièrement visité et exécuté par nos plumes amères et incisives ? Bienheureux donc ces temps-là où, dans ce pays, on pouvait, sous d'autres régimes, se livrer à ce type d'exercice, sans crainte d'aucunes représailles majeures.

Heureux, oui, heureux l'aura-t-il été, Diégou Bailly, qui pouvait délirer, paisiblement, de sa belle plume, sur " Les testicules du bélier ! " - un de ses célèbres articles, au temps de nos révoltes contre le régime de Félix Houphouët-Boigny. Heureux, vraiment bienheureux qui, comme Bernard Dadié, pouvait écrire et faire jouer (avec les moyens de l'Etat !), une pièce comme " Des voix dans le vent " ; un texte où le personnage principal (un dictateur cupide, corrupteur impénitent des intelligences de son peuple), s'appelle… NAHOUBOU : anagramme de Nanan Houphouët-Boigny ; heureux aussi, Bernard Zadi, qui a pu écrire et faire jouer ce superbe " Voyage au pays de l'or ", ce beau ''didiga'', satyre indiscutable du régime d'Houphouët, où le personnage principal, Nanan, était une réécriture, intentionnellement bouffonne, du président d'alors, de ce pays.

Heureux aussi, Jean-Marie Adiaffi, le verbe hautement fougueux, qui n'a eu de cesse de dénoncer, dans ce pays, les manquements et autres actes de dictature du ''bélier'' - le nom d'un animal qui renvoyait (il renvoie toujours), à qui nous savons : le président Houphouët-Boigny. Heureux de même, mon ami Hyacinthe Kakou, qui a pu écrire et faire jouer " On se chamaille pour un siège ", une réécriture de la querelle (politique) de famille entre Simone Leroux et son père Jean Thès (paix à leurs âmes !), ancien ministre d'Houphouët. Et que dire de cette glose inélégante sur la braguette (par oubli) mal fermée, du président Bédié, dans la presse du FPI ! Doit-on rappeler aussi l'infect et malhonnête feuilleton sur Ezan Akélé, réellement nommé dans les articles, et injustement sali par une presse enragée, haineuse et baveuse de l'opposition d'alors ? Et Laurent Gbagbo a ainsi pu, à son tour, accuser Félix Houphouët-Boigny de vol ; le désigner, nommément, dans ses textes enragés et hautement dénonciateurs !...

Oh ! Comme ce régime nous offre, régulièrement, des occasions d'apprécier ''le vrai bonheur'' : parce qu'il est clair, à présent, que nous l'avons vraiment perdu !

Trêve de voyage dans le passé, cependant ; et disons, le cœur fendu par l'amertume : finie, bel et bien finie, cette époque de nos textes rouges, pourfendant les régimes mauvais, et les acculant, sans répit, dans leurs derniers retranchements ! Oui : autres temps, autres mœurs ! Comme c'est triste !

Dire ma saine révolte

Non, je ne m'adresserai pas au procureur Tchimou - il est une contradiction mineure. Tchimou est, certes, un danger réel pour ceux d'entre nous, non inféodés à ce régime, et qui n'avons, pour seul moyen d'exprimer notre amertume et nos justes ressentiments, que des mots. Juste des mots pour dire. Des mots pour dénoncer. Des mots pour hurler notre peine et nos légitimes colères. Des mots, pour s'empêcher, surtout, de se munir d'une Kalachnikov (comme ont su si bien le faire, les assassins ''courageux'' qui occupent les locaux de la Primature), pour dire le langage de la terreur et de la mort - apparemment le seul discours que ce régime respecte et écoute. Des mots, des mots. Rien que des mots ! Et ce sont ces mots-là, que Tchimou veut nous empêcher de dire. Encore une fois, nous en prenons acte.

Mais, qu'il sache qu'Assalé n'est qu'un symbole - la manifestation phénoménologique d'une idée abstraite donc - du volume de ressentiments qui habite le cœur de nombreux jeunes de ce pays.
Tchimou n'est donc pas un problème sérieux, car l'Histoire a toujours une solution, classique, pour tous les ''Tchimou'' qui la hantent : les " militants (impunis) de première heure " du Bélier, le savent ; les ''suiveurs'' du Sphinx, également ; les ''jeunes gens'' du célèbre balayeur en ont aussi fait l'expérience. Au plan strictement juridique, Tchimou n’est pas Moukki; pas plus que Cilecé. Nous revenons donc à la problématique de la fiction comme esthétique, encodage et mode, subjectif, d'interpellation du réel ; plus spécifiquement, à cette fiction conflictuelle.

Pour une alternative discursive

Je plagie, consciemment, le titre d'un livre de Laurent Gbagbo. Je procède ainsi car, je pense que c'est dans les fonds (trahis) de l'histoire politique de cette nouvelle génération de dirigeants, que nous devons aller chercher la réponse à cette équation qui est posée aux intellectuels (surtout les hommes de lettres) de ce pays, à travers le traitement, révoltant, infligé à ce jeune homme : Assalé est, à mon avis, un cas à la fois littéraire et politique.
Sur le strict plan littéraire, je confirme que nous sommes, bel et bien, en face d'une fiction : Tchimou ne peut prétendre avoir, effectivement, reçu un courrier de Dieu-le-Père, contrairement au personnage de Moukki qui, dans le texte conflictuel, l'a reçu. Rien que sur la base de ce syntagme ''narrationnel'', les hommes de Lettres de ce pays (et Dieu sait combien en regorge le régime des refondateurs), auraient dû et pu éclairer un tant soit peu l'opinion, sur cette question. Comme je les comprends, cependant : pour eux, plus rien ne compte, désormais, que le souci de protéger les postes acquis au prix d'une militance de la compromission, et celui de protéger le pain du jour, du lendemain et des surlendemains…
Mais enfin, nous rendons-nous compte, un peu, de la disproportion effarante qu'il y a entre l'inconfort (justifié) qu'ont pu ressentir ceux qui se sont sentis visés dans cette fiction, et le traitement infligé à son auteur ? Brigade de recherche, rétention dans des locaux d'une gendarmerie, menottes, emprisonnement à la MACA ! Et dans la cellule des criminels ! Procès, puis, condamnation à une année de prison ! Là où une interpellation ou même, une censure, du Comité National de la Presse (CNP) aurait pu suffire à désapprouver ce texte ! Là, où, exiger un franc symbolique, aurait été dissuasif, digne et élégant. Brocarder, dans une fiction publiée dans un journal, un procureur de la République, ainsi que des agents véreux (qui existent, réellement) de notre univers judiciaire, devient ainsi, sous nos yeux et sous le régime de Laurent Gbagbo, grand défenseur des faibles et apôtre autoproclamé de la liberté, un… ACTE HAUTEMENT CRIMINEL !
Que nous enseigne l'histoire littéraire, dans un tel cas ? Quand Aimé Césaire parle d'un certain Mokutu dans sa célèbre pièce (Une saison au Congo) qui retrace la mort de Patrice Lumumba dont on dit qu'il a été tué par Mobutu, le président du Zaïre lance-t-il (aurait-il même pu le faire) un mandat d'arrêt contre le poète et dramaturge martiniquais ? On me dira, sans doute, qu'Assalé n'est pas Césaire. Il faut donc croire qu'il y a une justice pour les faibles, et une autre pour les forts et les célébrités : sale temps donc, pour Assalé-le-petit !

Je m'interroge alors : quelle alternative discursive et démocratique est donc désormais laissée aux ''Assalé'' du désespoir et de l'amertume, qui rasent les murs de la révolte ? Quel exutoire est laissé aux nombreux névrosés du désenchantement, qui nuitamment, hantent nos rues mal éclairées, de leur rage alcoolisée ? Quelle fuite dans le rêve sur la barque lyrique des mots, est laissée à ces jeunes, quand la fiction est devenue un exercice dangereux, et que les mots peuvent vous créer des maux et mener au cachot ? Ecoutons Laurent Gbagbo (le bon Gbagbo - celui-là qui compta au nombre de mes idoles), nous donner la réponse à ces questions angoissantes :
" Rendre chacun responsable de l'avenir de son pays par la liberté qu'il a de critiquer, de contredire, de proposer, de participer, d'adhérer, de construire ; de rendre la parole à ceux qui ont quelque chose à dire mais qui sont cloués par la peur qu'inspire la répression au quotidien ; faire entrer notre pays dans la République et notre peuple dans la démocratie ; faire de nos différentes sensibilités politiques le levain de la construction nationale ; bâtir l'avenir sur le droit et non pas sur l'arbitraire ; tels sont nos objectifs. Ils sont simples 1".

Oui, ce sont, vraiment, des objectifs ''simples''. Et comme c'était surtout simple et facile de le dire, de l'écrire et le proclamer ! Merveilleux, n'est-ce pas ?

Mon Dieu, est-ce vraiment le même homme qui a dit cela, qui est, aujourd'hui, au pouvoir ? Est-ce, vraiment, sous le régime de l'homme qui a écrit ces merveilleuses paroles, qu'un jeune désespéré de ce pays désespérant, un jeune instruit, cultivé, se retrouve en prison pour avoir critiqué l'appareil judiciaire de notre pays, dans une prose fictionnelle ? Que disent les intellectuels du FPI devant un tel cas, flagrant, d'abus de pouvoir ? Que disent-ils, devant un tel cas de trahison de l'idéal majeur qui a inspiré l'adhésion des jeunes enseignants que nous étions alors, à l'action politique de cet homme dont le règne se signale de plus en plus sous le sceau de la perquisition des cerveaux et d'actes d'inquisition ?

Entre nous, camarades et collègues, dites-le-moi, honnêtement : quelle étincelle sérieuse peut provoquer ce malheureux texte écrit par un auteur amateur, pour déchaîner tant de brutalités et de violences judiciaires à son encontre ? Dites-le-moi !!! Oh là là ! Quel désastre ! IN-ACCEP-TABLE !...

Dès les premiers jours de l'affaire Assalé, un internaute, militant du FPI (n'aie crainte, camarade, je ne dirai pas ton nom), m'a envoyé ce court message, par email : " Ils ont arrêté le jeune Assalé. Pour un tel article ! Mon Dieu, nous en sommes là, aujourd'hui ! ". Un autre (militant, lui aussi, du FPI), qui m'instruisait régulièrement de cette affaire qu'il suivait, m'a envoyé cet autre email : " Monsieur Koffi, je vous parlais de la convocation d'un jeune, du nom d'Assalé. Je précise que je ne le connais même pas. Je suis allé à 16h à la brigade de recherches. J'y ai trouvé son frère. Assalé a été entendu de 16h à 17h30. Le commandant a décidé de le garder cette nuit pour être entendu demain à 9h par le procureur. Donc Assalé va dormir cette nuit dans une des cellules de la brigade de recherches. On lui reproche d'avoir décrit la corruption dans un pays imaginaire, dans le journal ''Le Nouveau Réveil''. Quelle proportion va prendre cette affaire? Et quelle sera encore l'image de notre Cote d'Ivoire à l'extérieur ? "…
Je remplirais des pages à citer les mails de cet ordre, que j'ai reçus, à propos de cette affaire. Je voudrais, ici, rendre hommage aux nombreux militants anonymes du FPI, qui m'ont envoyé des messages de ce type, pour exprimer leur soutien à la cause d'Assalé. Merci, camarades, de continuer, dans l'anonymat, à cultiver l'idéal qui avait nourri votre lutte - notre lutte -, malgré la trahison de votre élite !...

La trahison de l'élite

Je dis bien : ''la trahison de l'élite'', car, c'est de cela qu'il s'agit, ici. Non, je ne dénie pas au procureur Tchimou, le droit d'avoir voulu faire prévaloir ses droits de citoyen s'estimant bafoué dans son honorabilité, par un écrit ''vicieux'' et, certainement, tendancieux. Ce que je conteste, c'est la disproportion entre les faits et le comportement (la violence arbitraire) de l'autorité judiciaire. Et ce qui m'effraie, c'est la caution que les hommes de lettres de notre pays, par leur silence, ont donnée aux maltraitances subies par l'auteur de cette fiction.

Cette affaire est loin d'être banale, camarades d'hier, et chers collègues. Elle est un signe inquiétant : celui de la confirmation d'une politique de la répression comme mode de régence ; celui de l'option pour la politique du " Silence, on développe 2 ", comme mode de gouvernance. Je réaffirme, haut et fort, qu'il y a une disproportion inacceptable entre l'objet du ''délit'' et le comportement, excessivement répressif, de l'appareil d'Etat, républicain.

Il m'a toujours plu de citer cette réflexion de mon maître, Bernard Zadi, à propos des dictatures qui prospèrent, si facilement, sous les tropiques : " Tiburce, c'est toujours sur le terreau du silence des intellectuels, que prospèrent les dictatures ; car un homme, seul, aussi puissant soit-il, ne peut en imposer à tout un peuple ". La jeune Christiane Djahuié a donc raison, dans sa récente publication sur l'affaire Assalé, d'interpeller le chef de l'Etat, et de solliciter son arbitrage ; car c'est bel et bien sous son régime, que nous assistons à ce genre de pratiques désolantes et alarmantes - toutes ces choses que nous avons dénoncées avec ''la dernière énergie'', sous les régimes précédents.

Quand un régime d'enseignants (en grande partie composé d'hommes de Lettres), approuve, par son silence, l'incarcération d'un amateur de l'écriture, jugé coupable et criminel, pour avoir écrit une fiction au contenu dénonciateur de l'injustice et des malversations alentour, j'estime qu'il y a, là, péril en la demeure. Le premier réflexe des hommes de lettres de ce pays aurait dû être d'intervenir dans le débat, pour l'instruire au mieux ; ne serait-ce que pour justifier et respecter l'auréole que leur a donné le statut d'humaniste : on n'enseigne pas innocemment les mérites de la littérature engagée dans les salles de classe et les amphithéâtres, juste pour avoir un salaire, voyons ! Et il y a autant de mérite (peut-être même, plus de gloire) à défendre les pauvres et anonymes gens, qu'à tremper sa plume dans les grandes et spectaculaires querelles politiques...

Assalé n'est pas le produit d'un hasard ; et la fiction qu'il a écrite, quoique d'un amateurisme évident (sur le double plan sémiotique et stylistique), véhicule un message qui me paraît essentiel, et que nous aurions tort de négliger : dans ce texte, c'est Dieu-le-Père, qui s'engage à laver les impuretés de la société dépeinte. Quand un jeune homme, comme l'auteur de ce texte, en arrive à confier la résolution des problèmes de son pays à la puissance divine - et non aux hommes qui devraient agir positivement sur le réel en corrigeant leur praxis -, nous devons nous interroger sur les raisons qui l'ont conduit à ce déni de confiance à l'intelligentsia de son pays. Quand, de même, à la fin de cette fiction, il n'hésite pas à mentionner, en post-scriptum, que c'est une histoire réelle (encore une démarche de novice), nous devons, de même, faire l'effort de décrypter les intentions cachées de cette mention vraiment inutile et ''suicidaire'' : en procédant ainsi, Assalé n'avait-il pas, consciemment, fait l'option d'offrir sa liberté juvénile à la société ivoirienne, afin qu'elle prenne conscience du gouffre dans lequel elle s'enfonce chaque jour en sacrifiant sa jeunesse ? Et, par ce choix, rien que par ce choix, Assalé ne mérite-t-il pas le soutien et, même, l'admiration de la communauté des gens de lettres de notre pays ?...

Il me faut conclure, pour aujourd'hui. Ce que je retiens de tout cela, c'est que : " L'âge d'or n'est pas pour demain3 " - n'est-ce pas, Pr Séry Bailly ? Ce que je retiens encore, c'est que : " En attendant la liberté4 " promise par Bruno Gnaoulé-Oupoh, il nous faut continuer de forger des mots, pour dire nos maux ; des mots pour dire notre misère, notre désolation : le mal de la société ivoirienne. Oui, des mots. Et, quand de nombreux autres Assalé auront rejoint les geôles de la MACA pour avoir dit ces mots, et qu'il ne nous restera plus aucune " Alternative démocratique " et discursive, nous chercherons et trouverons, forcément, un peu plus que " Des mots pour le dire 5" - Alphonse Voho-Sahi !

Ne cède donc pas au désespoir et au découragement, Assalé. Du fond de ton cachot, sache, petit frère, que ta voix nous parvient comme celle de Jean-Baptiste, hurlant les impudicités et saletés d'Hérode-roi. Salomé-la-perfide, prompte à la fornication, n'a (peut-être) pas encore réclamé ta tête de prophète redouté du Palais. Ce n'est pas une trêve négligeable : nous qui sommes en sursis, pouvons (et nous le faisons) continuer le combat. Et nous le gagnerons. Parce que notre cause est bonne. Parce que Dieu n'abandonne pas les Justes. Et les choses seront ainsi.
Bientôt parmi vous, pour prolonger le combat…

Tiburce Koffi, écrivain.
(00336) 1602-3953 . Paris.
tiburce_koffi@yahoo.fr

 

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