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Poll: EVENEMENT DE L'ANNEE 2008
Le lundi 14 avril 2008, un an après la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou, le Conseil des Ministres, réuni en session extraordinaire, vient de fixer la date du premier tour de l’élection présidentielle au dimanche 30 novembre 2008. Le MFA prend acte de cette décision. Cependant, il voudrait faire partager ces quelques observations et propositions à la nation ivoirienne toute entière.
Chers compatriotes, nous voulons rappeler au souvenir de tous les nombreux accords signés par les différentes parties et forces politiques en présence depuis Marcoussis.
Au total, que d’accords signés ! Marcoussis, Accra 1, 2 et 3, Pretoria 1 et 2 ainsi que les différentes résolutions des Nations Unies dont les fameuses 1633 et 1721, et au total 3 premiers ministres ont été désignés.
La paix totale véritable n’est pas encore revenue, nos populations sont toujours meurtries dans leur chair, et Laurent Gbagbo déclare toujours être à la barre d’un navire dont la majeure partie des passagers meurt de misère et de faim.
Le Chef de l’Etat, en dépit de la gravité de la situation du pays, et conscient de la minorité politique qu’il représente, manœuvre et sacrifie les premiers ministres uniquement pour préserver son pouvoir et les privilèges de ses amis du FPI.
Les exemples de discours contraires, d’actes de revirements, de reniements et de sabotages systématiques sont légion.
L’Accord Politique de Ouagadougou prévoyait, dans un premier temps, l’organisation des élections à la fin de l’année 2007. Ce délai n’ayant pas été tenu, la date de juin 2008 a été annoncée avec tous les espoirs légitimes suscités pour le peuple ivoirien pressé d’en finir avec cette crise qui semble être délibérément entretenue. Une fois encore, cette date n’a pu être malheureusement respectée, comme il fallait s’y attendre, évidemment.
Notre père qui êtes aux cieux, que votre volonté nous fasse réaliser en sept (7) mois ce que le Gouvernement DIARRA n’a pas réussi en trois (3) ans.
Notre père qui êtes aux cieux, que votre volonté nous fasse réaliser en sept (mois) 7 mois ce que le Gouvernement BANNY - dont Gbagbo Koudou lui-même a qualifié le bilan d’inexistant - n’a pu accomplir en deux ans !
Oui, prions pour le miracle, chers compatriotes !
Rappelons-nous que ce n’est que cette semaine que la convention, la convention qui doit lier la Société SAGEM Sécurité à l’Etat de Côte d’Ivoire vient d’être signée. Cette structure, très cotée sur le plan international par sa compétence et son sérieux, a bien laissé entendre qu’elle avait besoin de sept (7) à huit (8) mois pour achever l’identification et la confection des listes et cartes électorales ; ce temps de travail requis nous amène à une date effective d’élections beaucoup plus éloignée que celle fixée maintenant par Gbagbo.
Rappelons-nous par ailleurs que sur le plan financier, les caisses de l’Etat, sous l’action des refondateurs, se sont pratiquement asséchées ; à cela il faut ajouter la réticence des bailleurs de fonds qui, n’ayant pas confiance dans notre processus de sortie de crise, et, doutant de la bonne foi du premier protagoniste, hésitent à délier leur bourse.
Rappelons-nous que le racket, le gaspillage des biens publics, les détournements massifs des ressources générées par le Cacao, le pétrole et le Gaz se sont érigés en système de gouvernance sous le régime de Monsieur Laurent Gbagbo Koudou.
Rappelons-nous surtout la gravité de la situation économique et sociale que traverse notre pays avec pour conséquence une paupérisation indescriptible qui enfonce nos populations de jour en jour dans une misère aussi noire que révoltante, sous le regard insouciant des Refondateurs.
Merci à Mamadou Coulibaly, le président de notre Parlement, d’avoir eu le courage de le crier à haute voix à la face de la Côte d’Ivoire et du monde entier.
Rappelons-nous que nos parents souffrent dans les villages ruinés du fait de la guerre, que certains sont des réfugiés en sursis chez leurs enfants dans le sud.
Rappelons-nous que, quoi qu’on en dise, les plaies de la crise sont encore béantes entre nos populations, et que les rancoeurs sont encore profondes entre ivoiriens.
Rappelons-nous que ni le Chef de l’Etat, ni l’Assemblée Nationale, ni les élus locaux ne jouissent à ce jour d’une quelconque légitimité, et qu’en Côte d’Ivoire, aujourd’hui, l’Etat n’existe que de fait.
Rappelons-nous toutes ces choses sérieuses, tous ces risques d’explosion sociale qui planent sur nos têtes à chaque instant, chers compatriotes.
Au regard de tous ces constats, serait il honnête et juste de la part de nous tous, de nous engager à l’organisation d’élections au mois de novembre 2008 et d’y croire ?
Les conséquences malheureuses, la déchéance de notre nation, les drames familiaux induits par les élections « calamiteuses » de 2000 devraient nous servir d’exemples.
Les cas récents et dramatiques, proches de nous, du Kenya et du ZIMBABWE devraient nous servir d’avertissements.
Gbagbo Koudou, le FPI et leurs milices et éléments des FDS des recrutements Blé Goudé accepteront-ils avec fair-play le verdict inéluctable des urnes qui les chassera du pouvoir et de ses avantages ?
Combien de morts voulons-nous encore porter sur nos bras ?
Combien de jeunes, de femmes, d’enfants et d’adultes voulons nous encore livrer aux atrocités ?
Devant l’histoire de notre pays, et devant la terre toute entière, ne serions nous pas ainsi complice d’une crise encore plus grave qui risque de plonger définitivement notre pays dans l’abîme ?
La Côte d’Ivoire nous appelle tous à la Responsabilité. Celle qui est dénuée d’intérêts personnels et partisans, et qui commande de poser ensemble les bases d’un vrai nouveau départ.
Chers Compatriotes, arrêtons la politique de l’autruche. Pour rester au pouvoir, Laurent GBAGBO est prêt à nous conduire vers le chaos.
LE MFA voudrait interpeller l’opinion nationale et internationale en ces termes : ne serait-il pas mieux, dès maintenant, de manière objective, que l’on s’entende tous pour une nouvelle transition consensuelle qui pourrait durer un ou deux ans ?
Le MFA invite ses amis du RHDP, la Côte d’Ivoire toute entière à mettre en œuvre un véritable Contrat National pour la paix et la Stabilité, négocié et validé par l’ensemble des acteurs politiques, les représentants de la société civile, des chefs religieux, de la chefferie traditionnelle, des opérateurs économiques et la jeunesse.
Ils auront à charge de concevoir et asseoir la structure consensuelle qui prendra en mains le destin de la nation pour cette période de transition, et qui, entre autres responsabilités, devra veiller à :
- finaliser définitivement le processus de désarmement et de réunification du pays ;
- Organiser dans la sérénité une véritable identification des populations avant d’engager le processus électoral ;
- Réconcilier nos populations pour reconsolider la cohésion sociale;
- Reconstituer une armée nationale républicaine et réunifiée ;
- Proposer de véritables élections transparents et crédibles pour rebâtir la nation ivoirienne ;
- rétablir l’Etat de droit et en particulier la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire ;
- engager les actions urgentes nécessaires au redressement de l’économie, à la création d’emplois, à une véritable évaluation de la richesse nationale et à ses affectations pour assurer à nos populations le minimum pour une vie digne et la reconstruction des infrastructures du pays.
Si dans un délai de trois mois, cette proposition n’est pas prise en compte par Gbagbo Koudou et la refondation, comme un seul être, nous nous lèverons pour le seul combat qui vaille la peine, reconstruire notre belle nation. Une Côte d’Ivoire fraternelle et solidaire.
Même un nouveau né comprend que le programme de Laurent Gbagbo est de demeurer coûte que coûte au pouvoir jusqu’à fin 2010, ses lubies égocentrées et sa mégalomanie lui dictant que dix (10) ans – soit le temps de deux mandats – constituent le minimum de temps de pouvoir dont le peuple de Côte d’Ivoire lui est redevable au regard des luttes syndicales et politiques « historiques » de son passé ?
Qu’a fait l’opposition ivoirienne depuis la survenue de la crise en 2002 jusqu’à ce jour - soit six (6) longues années – sinon, sous le juste et légitime prétexte d’œuvrer et contribuer à la sortie de crise, d’entourer, encadrer, suivre et accompagner Laurent Gbagbo dans sa volonté acharnée et désespérée de demeurer au pouvoir, arguant que c’est cette même opposition, dans ses individualités et sa globalité, qui est auteur et commanditaire de la rébellion des Forces Nouvelles pour n’avoir jamais « digéré » son arrivée « calamiteuse » au pouvoir en 2000, et , qui, en son essence profonde, n’acceptera jamais que lui, opposant farouche à la galaxie houphouëtiste, ait pu accéder à ce trône réservé aux seuls héritiers du système PDCI-RDA ?
Car enfin, chers compatriotes, l’heure sera alors venue pour une bonne clarté du jeu politique en Côte d’Ivoire, à savoir que Gbagbo et les refondateurs gouvernent et que l’opposition et le RHDP s’opposent !
Après le comble de l’horreur et du cynisme illustré par la répression sanglante des manifestations des femmes du peuple contre la vie chère, quel langage de soutien et de compassion peut tenir un parti politique s’il est encore partie prenante au gouvernement ?
Quelle subtilité byzantine voulons nous exiger du peuple de Côte d’Ivoire pour qu’il puisse appréhender que les policiers qui ont usé de leurs armes contre des femmes aux mains nues tiennent leurs ordres de Gbagbo et Tagro, mais pas des autres ministres du même gouvernement que sont par exemple Allah Kouadio et Achy Patrick (PDCI), Gon et Bakayoko (RDR), Mabri (UDPCI), Hamza Bamba (MFA), pour ne citer que ceux là ?
D’ailleurs, pour défier et narguer l’opposition, et dans une de ces crises de delirium médiatique qui le caractérisent, Laurent Gbagbo ne vient-il pas de déclarer, à un parterre de journalistes africains, qu’il n’y a pas d’opposition en Côte d’Ivoire, toutes les forces politiques participant au conseil des ministres ?
Militants du PDCI, du RDR, de l’UDPCI et du MFA, libérez vous en demandant, tous et en même temps, à vos responsables de retirer leurs ministres du gouvernement, pour pouvoir vraiment et réellement s’investir de la mission qui leur revient et incombe, celle de prendre totalement à leur compte les conditions et la misère du peuple ivoirien, plus brimé et plus spolié que jamais.
Que Gbagbo et ses refondateurs gouvernent seuls, et que le RHDP se reconnaisse enfin et vraiment opposant pour le peuple !
Oui, chers partenaires du RHDP, décidons nous enfin à arrêter cette limousine féerique Mercedes May Bach de 300 millions qui poursuit sereinement sa course vers le terminal 2010, transportant un Gbagbo Koudou confortablement installé à l’arrière, avec comme conducteur Konan Bédié, convoyeur Alassane Ouattara, superviseur Soro Guillaume, après qu’au garage ANAKY Kobena et Mabri Toikeusse, les mécaniciens, aient eu à cœur de veiller à toute la partie technique !
Pour ce faire, nous lançons à toute l’opposition, principalement au RHDP, cet appel : RETIRONS NOS MINISTRES DU GOUVERNEMENT.
Le moment est venu de prendre nos responsabilités et de les assumer pleinement vis-à-vis du peuple meurtri qui nous regarde, ne comprend pas et ne nous comprend pas.
ANAKY KOBENA
Président du MFA
anakobena@yahoo.fr
www.mfa@.org


