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Poll: EVENEMENT DE L'ANNEE 2008
mardi 15 avril 2008 - L'Intelligent d'Abidjan -
A Abidjan dernièrement pour des courses liées au Kundé 2008, Jah Press a bien voulu nous entretenir sur ses relations avec la Côte d’Ivoire et de l’importance de la culture burkinabè. Dans cet entretien il met quiconque en garde, avec une pointe d’humour, que le Burkina n’est pas très loin d’Abidjan parlant du flux des concepts musicaux…Il parle également de son ivoirienne. « J’ai mon ivoirienne… », nous a t’il confié.
Jah Press c’est un nom qui est beaucoup entendu ici en Côte d’Ivoire, dans des chansons.
Mais qu’est ce que vous faites exactement ? Vous êtes journaliste ? Pourquoi Press ? Qu’est ce qui a valu l’adoption de ce pseudonyme?
Tout d’abord, je tiens à remercier tous ces artistes qui me font l’honneur de me citer dans leurs chansons et les hommes du show-biz qui me témoignent chaque jour leur confiance. Pour revenir à la question, Jah Press c’est Salfo SORE à l’état civil. Je suis le Directeur de Bizart Production qui est une structure spécialisée dans l’événementiel et autres métiers gravitant autour des métiers du show-biz. Bien avant cette aventure, j’ai longtemps été dans les métiers de la presse : animateur radio, animateur télé, chef des programmes puis Directeur de radio. Le pseudonyme Jah Press a une longue histoire qui commence à Dabou (Ndlr: ville située sur le littoral ivoirien) pour se terminer à Ouagadougou au Burkina Faso. Etant élève au collège moderne 1 de Dabou devenu Lycée Moderne Léboutou, à une époque à la mort de Bob Marley où on voulait tous adopter des surnoms américains ou jamaïcains. J’ai adopté le nom de Jah Presson. Un surnom que j’ai gardé à mon passage au Lycée Moderne de Dabou, devenu Lycée Dominique Tiapani. Arrivé au Burkina Faso, j’ai préféré faire plus court. Ce qui a donné Jah Press. Cela n’a donc rien à voir avec la presse. Même si plus tard, j’aillais évoluer dans le milieu de la presse.
Dernièrement vous avez été décoré au Burkina pour le grand intérêt que vous accordez mais surtout pour votre participation à l’évolution de la culture burkinabé en particulier et africaine en générale… qu’est ce que vous ressentez après une telle distinction? Et à qui profite cette médaille dans le fond ?
On est toujours très heureux quand on est décoré ou quant on reçoit une médaille. Cela signifie que les autorités de votre pays accordent de l’importance à ce que vous faites. Quand j’ai reçu cette médaille le jeudi 27 mars dernier, j’ai revu le film de ma vie en tant que promoteur culturel. Je me suis rendu compte que j’ai consacré plus de la moitié de ma vie à promouvoir la culture de mon pays (le Burkina Faso) et partant de celle du continent. Cette médaille de chevalier de l’ordre national du mérite avec agrafe musique et danse, je l’ai dédié à la presse culturelle de mon pays. En tant que promoteur de la culture, j’ai voulu partager cette joie avec tous ceux qui font de la promotion de la culture leur cheval de bataille. Et de ceux-ci, les journalistes culturels en particulier.
Vous avez fait votre enfance en Côte d’Ivoire, ce que vous défendez n’est pas plutôt écorché par la culture ivoirienne que vous avez beaucoup côtoyée ?
Vous savez tout homme a une essence culturelle et il prend la couleur du milieu culturel dont il est issu. J’ai passé, comme vous l’avez dit, mon enfance en Côte d’Ivoire. J’ai donc sûrement subi des influences ivoiriennes. Mais je suis avant tout burkinabè. Au niveau de mon travail, je côtoie les deux milieux et j’adapte mes influences aux contextes dans lesquels j’évolue. Comprenez par là, que ma double culture de burkinabè et d’ivoirien a des influences sur mon travail. Je ne renie aucune de ces deux cultures. Je crois plutôt que cela a été bénéfique pour moi.
Vous avez la paternité, semble t-il, de beaucoup d’activités culturelles au Burkina dont l’une, beaucoup appréciée de la sous région, les Kundé, s’annonce pour les jours prochains… qu’est ce que le kundé et qu’elles sont les innovations 2008 ?
Les Kundé sont les trophées de la musique au Burkina Faso à l’image des Victoires de la musique en France ou encore des Kora music award à l’échelle continental. L’édition 2008 aura lieu le 25 avril 2008. Les innovations pour cette année 2008 : c’est un plateau artistique plus varié en terme de mélodies et d’émotions, c’est le changement du lieu de la manifestation pour plus de prestige et de rêve. C’est aussi quelques réaménagements au niveau des catégories en compétition. Une chose est sûre, le 25 avril prochain, il y aura du rêve, de la magie et des stars à la salle climatisée du SIAO. La fête sera belle.
Comment se présente le paysage du show-biz burkinabé ? Est-ce que les jeunes Burkinabè sont aussi inspirés que les jeunes ivoiriens qui vont de concepts en concepts même si ces concepts sont à recadrer ?
Le show-biz burkinabè se porte bien. La jeunesse et les hommes du show-biz travaillent énormément à imposer le show-biz burkinabè. Maintenant, comparativement à d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, c’est vrai que nous avons un petit retard. Comme la Côte d’Ivoire l’avait eu face aux musiques venant d’Afrique Centrale. Cependant, nous arrivons en force. Je dis donc aux autres contrés du continent de faire attention. Le Burkina arrive (rires…). Et, nous venons pour la première place. Au niveau des concepts, les jeunes burkinabè sont créatifs et les concepts naissent mais, pas au même rythme que dans des pays comme la Côte d’Ivoire.
Est-ce que vous ne pensez pas que la musique burkinabé est en perte de vitesse. Elle a été revisitée par des sonorités ivoiriennes… Sinon comment se présente les choses ?
Je ne pense pas que la musique burkinabè soit en perte de vitesse. Elle est aujourd’hui plus dynamique que jamais accompagné en cela par les efforts de tous les Burkinabè, à tous les niveaux, à commencer par les plus hautes autorités. Le 14 février dernier, le bureau burkinabè des droits d’auteur (BBDA) a lancé un plan triennal de lutte contre la piraterie avec le premier ministre pour parrain. C’est tout dire. Concernant les sonorités ivoiriennes, je crois que la proximité et le dynamisme de la musique ivoirienne jouent pour beaucoup dans le fait que certains artistes burkinabè adoptent des sonorités ivoiriennes. Cependant, ces artistes mettent toujours des particules de musiques burkinabè. C’est cela aussi le panafricanisme et l’intégration sous régionale au niveau culturel. Sinon que les plus grands succès de la musique burkinabè sont des albums typiquement burkinabè.
Quels sont les rapports que vous avez avec la Côte d’Ivoire, ses artistes et ses femmes ? Jah Press a-t-il son ivoirienne ?
(Rires…) J’ai de très bons rapports avec la Côte d’Ivoire et surtout ses hommes de show-biz. La preuve est que je me sens et je me suis toujours senti chez moi en Côte d’Ivoire. Vous l’avez d’ailleurs dit en début d’entretien, j’ai passé mon enfance et une bonne partie de ma vie en Cote d’ivoire. Concernant les artistes ivoiriens, j’ai de solides relations professionnelles et amicales avec ceux-ci. Concernant les femmes, je peux encore aborder dans le même sens qu’en ce qui concerne les hommes du show-biz et les artistes. Est-ce que j’ai mon ivoirienne ? (Rires). Je dirai oui et non. Oui, dans la mesure où celle qui partage ma vie et avec laquelle je suis marié coutumièrement et religieusement a vécu et grandi en Côte d’Ivoire. Elle est issue de la diaspora burkinabè vivant en Côte d’ivoire. On peut donc dire qu’elle est quelque peu ivoirienne. Non, dans la mesure où elle est burkinabè.
Est ce qu’aujourd’hui après la signature de l’accord de Ouaga, les rapports entre les ivoiriens et les Burkinabés ont changé ? Vous Jah Press, en votre qualité de citoyen, qui avez longtemps fréquenté la Côte d’Ivoire, quel est le regard que vous aviez hier sur les relations entre citoyen burkinabé et citoyen ivoirien ? Qu’est-ce que vous en pensez aujourd’hui après l’Accord de Ouaga? Je veux parler des rapports entre simples citoyens. Je ne parle pas des politiques…
Au Burkina, les rapports entre ivoiriens et burkinabè sont restés les mêmes avant, pendant et après la signature de l’accord de Ouaga. Même au plus fort de la crise, les Ivoiriens se sont toujours sentis en sécurité au Burkina Faso. Chose qui démontre l’esprit de fraternité du peuple burkinabè. Au Burkina Faso, les citoyens ivoiriens et leurs hôtes ont toujours vécu en harmonie et en parfaite intelligence. Toujours est-il que le dégel des relations politiques entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso a renforcé le sentiment d’appartenance de la communauté ivoirienne au peuple burkinabè.
Quel a été l’impact de la crise ivoirienne sur le Burkina au niveau socioculturel?
Au niveau social, la crise ivoirienne a attristé les burkinabè. Vous savez, quand la case du voisin brûle en bon africain, on est attristé. Au niveau culturel, paradoxalement, la musique ivoirienne ne s’est jamais mieux portée à l’extérieur et en particulier au Burkina Faso que lors de la crise. J’en veux pour preuve, le phénomène du coupé décalé et son corollaire de dérivés. Ce qui, bien sûr, a influencé une partie de la jeunesse burkinabè dans son mode de vie : que ce soit au niveau vestimentaire, musical, que des maquis copiés sur le style des grands maquis de la rue princesse en Côte d’Ivoire.
Est-ce que vous pensez, entre hommes de show-biz ivoirien et burkinabé, à poser un acte culturel fort pour montrer l’union et la paix scellée entre les deux pays frères ? Un duo d’ artistes ou peut- être un concert, etc. En gros, quel doit être la contribution des acteurs culturels ivoiriens et burkinabés à cet esprit d’union ?
Un concert ou un acte culturel fort pour montrer l’union et la paix scellée entre la Côte d’Ivoire et le Burkina, on y pense entre hommes de show-biz. Vous serez très bientôt informé. Vous savez, la culture est un terreau fertile pour la culture de la paix et la création d’un esprit de fraternité, d’union et d’appartenance à une même communauté. Vous comprendrez là que la contribution des acteurs culturels ivoiriens et burkinabè à l’esprit d’union est salutaire et souhaitable.
Jocelyne Ballot
Salfo Soré alias « Jah Press » :« Notre Label, « les Kundé » est protégé par l’OAPI »
Sidwaya - samedi 31 mars 2007.
Salfo Soré, très connu sous le pseudonyme de Jah Press, est selon certaines langues, le « patron » du show-biz au Faso. D’abord, journaliste puis promoteur culturel, il est actuellement directeur général de Biz’Art Productions et commissaire général des Kundé, cérémonie de récompense des artistes-musiciens au Burkina Faso qui lui vaut aujourd’hui, des galons dans le show-biz. A cœur ouvert avec Jah Press et les « Kundé ».
Sidwaya plus (S.P.) : Qui est Salfo Soré ?
S.S. : Je m’appelle Salfo Soré à l’état civil. Je suis né un 3 avril 1968 à Zitenga. J’ai fait mon cursus scolaire en Côte d’Ivoire. Je suis communicateur parce que j’ai fait la radio (radio Multimédia, radio Energie, Ouaga FM). Aujourd’hui, je suis le directeur général de Biz’Art Productions, une structure de production et de promotion œuvrant uniquement dans le domaine de l’événement.
Nous organisons de grands spectacles pour des institutions, des actions-terrain pour des entreprises qui veulent faire la promotion de leurs produits de consommation. Indépendamment, nous organisons, annuellement, une grande manifestation dénommé « les trophées Kundé ».
S.P. : On vous connaît également sous le sobriquet Jah Press. Comment ce nom vous a-t-il été attribué ?
S.S. : J’avoue que c’est un hasard (heureux ou pas, je n’en sais rien) parce que j’ai longtemps évolué dans le domaine de la presse. En fait, dans les années 1980, à la suite du décès de Bob Marley, il y a eu un phénomène parti de la Jamaïque qui a fait que les gens se sont attribués des noms américains qui, comme on le sait, se terminent souvent par « son ». Au début, on m’appelait Jah Presson, à Dabou (une ville située à une trentaine de km d’Abidjan). Lorsque je suis arrivé au Burkina, j’ai fait le lycée Zinda, ensuite la faculté de droit. C’est à la suite que j’ai fait mes débuts à la radio. Je me suis alors dit que mon pseudonyme Jah Presson, était un peu long. J’ai donc haché le « on » et voilà Jah Press.
S. : Vous avez passé un bout de temps à Ouaga FM. Comment avez-vous apprécié le métier de journaliste ?
S.S. : Cela a été une expérience assez intéressante. Bien avant Ouaga FM, je suis passé par Radio Energie, ensuite l’agence de communication Edifice, notamment dans la section photogravure. L’idée de faire le journalisme à Ouaga FM a ensuite émergé et j’y ai découvert une très bonne dynamique de travail d’autant plus que nous étions de la même génération.
S.P. : Pourquoi alors avoir abandonné la radio pour le show-biz ?
S.S. : Il s’est trouvé qu’à un moment donné, en même temps que je faisais la radio, je développais des activités parallèles surtout au niveau de l’événementiel. Il me fallait alors beaucoup plus de temps pour cela alors qu’au niveau de la radio, je n’étais qu’un simple employé. Ne pouvant pas tout faire en même temps, j’ai donc fait le choix d’aller au show-biz.
S. P. : Vous êtes maintenant le directeur général de Biz’Art Productions. Quelles sont ses actions et ses domaines d’intervention ?
S.S. : Biz’Art Productions est une structure spécialisée dans l’événementiel. Nous mettons à la disposition de sociétés de la place des hôtesses pour faire la promotion de leurs produits. Nous initions et organisons des concepts pour leur permettre de vendre leurs produits. Nous organisons de grands événements sur lesquels nous imprimons des marques. Nous travaillons avec des sociétés de la place qui vendent des produits de grande consommation, notamment Nestlé, BAT, etc.
S.P. : On vous connaît également comme l’initiateur des trophées de la musique au Burkina Faso. Comment est née cette initiative ?
S.S. : Les Kundé remontent aux années 1997 (je veux parler de l’idée). Au début, nous avons conçu l’événement sous l’appellation « Balafon d’or ». Nous avons lancé le projet, prospecté, mais nous nous sommes rendus compte qu’il nous manquait la matière (les productions musicales). Il y a eu des années où il n’y avait pratiquement pas de productions parce que les artistes étaient obligés d’aller à Abidjan, louer un hôtel, faire tout le travail de production d’un album et cela coûtait extrêmement cher.
Il y a eu des années où il n’y avait qu’une à deux sorties d’albums. Nous avons vu que dans un tel contexte, on risquait très vite de mettre un terme au projet. Nous avons décidé de mettre le projet en stand by. Au début de l’année 1999, il y a eu l’installation du studio Seydoni et le ministre Mahamoudou Ouédraogo à la tête du département en charge de la Culture. Nous avons ressorti le projet.
Nous avons approché le ministre qui a apprécié mais nous a conseillés de changer l’appellation « Balafon d’or » (le balafon pour lui n’étant pas un instrument assez fédérateur et qu’on ne retrouve pas partout en Afrique). Je me suis rendu au Musée de la musique par deux fois pour observer tous les instruments de musique qui s’y trouvaient. Avec le guide du musée, nous avons échangé sur la guitare à trois cordes et qu’on appelle « Kundi » chez les Bissa, « Kundé » chez les Moosé. Cet instrument, on le trouvait également chez les Dioula, au Mali, etc.
Les prononciations variant, nous avons opté pour le terme « le (les) Kundé tout comme le terme « le (les) Burkinabè ». Le ministre a positivement apprécié. Durant l’année 2000, on s’est apprêté pour la première édition en 2001 et Seydoni nous avait facilité la tâche en produisant tous les artistes qu’elle avait sous la main. La première édition s’est déroulée au ciné Neerwaya sous le parrainage du ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Mahamoudou Ouédraogo.
S.P. : Est-ce aisé d’organiser une telle manifestation au Burkina Faso ?
S.S. : Ce n’est pas du tout aisé. Il s’agit d’une manifestation qui demande beaucoup d’argent. Les Kundé sont un événement qui fait rêver, pendant lequel le public veut voir des stars, des gens qu’il n’a pas l’habitude d’approcher.
Dans notre politique de promotion de la musique, il faut qu’à chaque édition, nous fassions venir des musiciens d’autres contrées et d’autres personnalités du show-biz qui, en retour, peuvent aider à faire la promotion de la musique burkinabè à l’extérieur.
Nous avons donc eu à inviter Boncana Maïga, David Tayrault. A la dernière édition, l’équipe de RTI Music Awards était représentée. A la suite donc, des Kundé, certains artistes-musiciens burkinabè ont pu se produire à d’autres festivals similaires au Bénin, au Mali, en Côte d’Ivoire. Cela demande alors beaucoup d’investissements pour monter l’opération.
A cela s’ajoute le fait qu’au Burkina, nous les promoteurs culturels, sommes pas du tout gâtés en ce qui concerne le sponsoring des manifestations culturelles. Cela est en partie dû au fait que le marché n’est pas du tout important par rapport à d’autres pays de la sous-région à cause de notre niveau de vie jugé bas.
S.P. : Malgré tout, on constate que l’événement a pris de l’envergure et les habitués deviennent de plus en plus exigeants. Pensez-vous pouvoir maintenir le cap ?
S.S. : Notre but, c’est de pérenniser cette manifestation. Ce n’est pas à toutes les éditions que nous arrivons à boucler le budget. Il y a un engouement pour la manifestation et Nous le sentons, l’affluence du public, le vote des mélomanes. Cela nous encourage et nous amène à travailler à honorer le rendez-vous. Que ce soit au niveau des artistes-musiciens, les Kundé demeurent un événement-phare parce que c’est d’abord en leur honneur, ensuite, il permet de faire le point des productions de l’année artistique écoulée, de connaître ceux qui l’on marquée par leurs qualités.
S. : L’édition de 2007 (la 6e édition) est prévue dans un mois. Quelles sont les grandes innovations attendues ?
SS. : Les grandes innovations seront avant tout, de prendre en compte les suggestions et les appréhensions du public par rapport à l’édition passée : le prix du public, la durée de la cérémonie, les petites imperfections, et vous savez, lorsque vous êtes un organisateur et vous sentez qu’une partie du public n’est pas contente après l’événement, cela vous met mal à l’aise. Le but premier recherché, c’est que les invités à votre manifestation soient heureux. Nous allons tenir compte des critiques et faire en sorte que le public n’ait plus à se plaindre. Nous voulons placer l’édition de cette année sous le signe de la transparence.
S. : Pour une telle manifestation, le public s’attend toujours à voir de grosses pointures de la musique. A qui peut-on s’attendre ?
SS. : Euh.....(Rires). C’est vrai que c’est maintenant une habitude des Kundé. Comme chaque année, nous sommes en train de nous attaquer aux détails pour que les mélomanes aient droit à de grosses pointures de la musique à travers l’Afrique et dans le monde. Pour le moment, tout s’annonce bien. Des surprises, il y en aura, même pour ce qui est de la musique rétro. Nous allons tenter de réveiller certains que d’aucuns considèrent comme « morts » sur le plan musical. L’un dans l’autre, tout se passe bien et la fête promet d’être très belle.
S. : L’affaire « Kundé bars-restaurants » est venue semer un peu de confusion dans les esprits. Que comptez-vous faire pour protéger votre label ?
SS. : Le label « Kundé » (trophées de la musique) sur le plan du droit, est protégé. Le premier bar Kundé a été inauguré autour du 3 ou 4 octobre 2004. Il s’agit de « Guitare bar » à Larlé (secteur n°10 de Ouagadougou). Depuis lors, nous avons entrepris des démarches pour breveter « les Kundé » (trophées de la musique). Nous avons tous les papiers de l’OAPI. Mais comme les bars-restaurants Kundé, se sont annoncés en force, l’on s’est demandé si notre démarche en valait la peine et si même les propriétaires de ces bars-restaurants allaient la comprendre au cas où on leur demandait de changer d’appellation. A l’époque, nous n’avons pas jugé opportun de brandir nos papiers.
Aujourd’hui, nous nous posons des questions parce que quelque part, nous avons subi un préjudice (qui n’est peut-être pas comparable au leur). Nous compatissons à leur douceur mais en même temps, nous tirons les conséquences par rapport à cette situation.
S. : L’un des objectifs des Kundé, c’est la promotion de la musique burkinabè. Comment jugez-vous cette musique aujourd’hui ?
SS. : Honnêtement, je trouve que chaque année, la production va croissante. Au niveau du nombre, cela est important parce que dans les années 1980, 1990, il y avait souvent une seule production dans l’année. Aujourd’hui, il y a plus d’une centaine par an et parmi les œuvres, il y a de la variété. L’on peut se permettre aujourd’hui, de faire une animation musicale d’une, deux heures de temps avec seulement de la musique burkinabè. Je trouve qu’on est sur le bon chemin. A partir du moment où il y a de la production, des œuvres variées pour permettre de danser, la situation est plus qu’appréciable.
Entretien réalisé par Ismaël BICABA
Sidwaya


