LA CRISE IVOIRIENNE: Le 28 décembre 1999 au fil de l’AFP I

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Washington met en garde les Américains contre la Côte d’Ivoire
WASHINGTON, 28 déc (AFP) - 5h54 - Le département d’Etat a averti à nouveau lundi, dans un communiqué, les ressortissants des Etats-Unis de ne pas se rendre en Côte d’Ivoire à la suite du coup d’Etat militaire dans ce pays. “La menace de criminalité est sérieuse, le risque d’être rançonné par des éléments incontrolés de l’armée demeure et l’éventualité de nouveaux troubles ne peut être écartée”, souligne notamment le communiqué. Le département d’Etat conseille aux citoyens américains résidant en Côte d’Ivoire de rester chez eux et de ne pas sortir la nuit. Il demande également à ses ressortissants de rester en contact avec leur ambassade. Cet avertissement, qui mentionne que l’aéroport d’Abidjan est de nouveau ouvert, vient à la suite d’une première mise en garde publiée vendredi peu après le renversement du président Henri Konan Bedié.


Gueï: la Côte d’Ivoire sera “digne” si l’aide extérieure est suspendue
ABIDJAN, 28 déc (AFP) - 13h01 - Le nouvel homme fort de Côte d’Ivoire, le général Rober Gueï, a affirmé mardi que son pays “essaiera de garantir sa dignité et son honneur”, si l’aide extérieure était suspendue suite au coup de force militaire qui l’a porté au pouvoir le 24 décembre. “Quand les fusils claquent, on dit il y a un coup d’Etat, on coupe les vivres etc… etc…”, a déclaré le général Gueï, qui recevait dans les locaux de l’état-major de l’armée à Abidjan les ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire. “Vous pouvez peut-être nous couper les vivres, nous irons manger des feuilles de manioc. Nous allons peut-être pleurer mais nous essaierons de garantir notre dignité et notre honneur”, a-t-il poursuivi, sans toutefois appeler explicitement à ne pas suspendre l’aide extérieure. Le général Gueï a réaffirmé que le coup de force contre le président Henri Konan Bédié n’avait pas été prémédité et ne pouvait à son sens être qualifié de coup d’Etat. Il a promis de garantir les droits de l’Homme, mais a justifié l’arrestation de hauts responsables du régime de M. Bédié par la nécessité d’assurer leur sécurité. “L’Ivoirien, s’il voit dans la rue un homme comme Emile Constant Bombet (l’ex-ministre de l’Intérieur), il le tue. Alors nous devons le protéger,” a déclaré le général. Il s’est à nouveau engagé à assurer le retour des civils au pouvoir, mais sans fournir de calendrier pour l’organisation d’élections. “Le plus tôt sera le mieux. Mais je ne peux pas fixer de délai précis car je ne sais même pas où je vais”, a-t-il déclaré.


Paris lève son dispositif militaire d’urgence en Côte-d’Ivoire
PARIS, 28 déc (AFP) - 13h23 - La France a annoncé mardi la levée de son dispositif militaire d’urgence, mis en place après le coup d’Etat militaire mené la semaine dernière en Côte-d’Ivoire. “La France a décidé de lever son dispositif militaire”, a indiqué la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Anne Gazeau-Secret. Ce dispositif comprenait une quarantaine de militaires français acheminés samedi après-midi par hélicoptères de Libreville sur la base de Port-Bouet, près d’Abidjan, “pour assurer la sécurité” des ressortissants français, et 300 militaires français “prépositionnés” à Dakar, la capitale sénégalaise, dans l’attente de l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire.


Le numéro deux du pouvoir militaire conduit une descente au Trésor
ABIDJAN, 28 déc (AFP) - 13h27 - Le général Lassana Palenfo, N0 2 du nouveau régime militaire ivoirien, a conduit mardi matin une descente dans les locaux de la direction du Trésor à Abidjan, a-t-on appris de source militaire. Des soldats en armes étaient déployés en fin de matinée devant la tour qui abrite la direction du Trésor dans le quartier administratif du Plateau pendant cette opération. Le général Palenfo, N0 2 du Conseil National de salut Public (CNSP), qui a pris le pouvoir le 24 décembre, menait personnellement cette opération, ont indiqué les soldats sur place. Le général Palenfo a été chargé d’un “audit des caisses de l’Etat” par le CNSP.


Paris demande à l’UE une procédure de concertation avec la Côte-d’Ivoire
PARIS, 28 déc (AFP) - 13h43 - Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a demandé mardi à ses partenaires de l’Union européenne que soit engagée une “procédure de concertation” avec les autorités ivoiriennes dans le cadre de la Convention de Lomé. “M. Védrine a demandé que cette procédure, prévue par la convention de Lomé, soit engagée”, a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay Anne Gazeau-Secret. Cette procédure de concertation en cas d’interruption du processus démocratique –et qui nécessite une décision de l’Union européenne (UE) –a été utilisée par le passé, notamment à propos du Togo. Selon la procédure, la concertation devra être menée entre la troïka de l’UE, le pays concerné (la Côte d’Ivoire), la troïka Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) et deux pays ACP choisis par la Côte d’Ivoire.

Paris demande à l’UE une procédure de concertation avec la Côte d’Ivoire
PARIS, 28 déc (AFP) - 14h27 - Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a demandé mardi à ses partenaires de l’Union européenne que soit engagée une “procédure de concertation” avec les autorités ivoiriennes dans le cadre de la Convention de Lomé. “M. Védrine a demandé à ses partenaires que cette procédure soit engagée” après le coup d’Etat militaire qui a renversé vendredi le président ivoirien Henri Konan Bédié, a indiqué la porte-parole du Quai d’Orsay Anne Gazeau-Secret. Cette procédure de concertation en cas d’interruption du processus démocratique et de l’Etat de droit a été utilisée par le passé pour le Niger, la Guinée-Bissau, le Togo, les Comores. Elle nécessite une décision de l’Union européenne. Ce dialogue est prévu par l’article 366 bis de la Convention de Lomé, introduit en 1995. Selon la procédure, la concertation devra être menée entre la troïka de l’UE, le pays concerné (la Côte-d’Ivoire), la troïka Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) et deux pays ACP choisis par la Côte-d’Ivoire. Ce n’est qu’à l’issue de ces consultations, qui doivent durer 30 jours, que l’Union européenne peut éventuellement décider de sanctions contre la Côte d’Ivoire. “Nous espérons qu’elles permettront le retour négocié à la légalité constitutionnelle”, a cependant déclaré Anne Gazeau-Secret. La France, premier bailleur de fonds de la Côte d’Ivoire, n’a encore pris aucune décision concernant sa coopération bilatérale, a rappelé la porte-parole. “Tout est mis à l’étude, tout est examiné dans le détail”, a-t-elle indiqué. “Nous sommes attentifs à tout signe du nouveau gouvernement d’union nationale allant dans le sens d’un rétablissement des institutions démocratiques et de l’Etat de droit”, a déclaré la porte-parole. La France a par ailleurs décidé mardi de lever le dispositif militaire d’urgence qui avait été mis en place samedi pour garantir la sécurité des 20.000 Français résidant en Côte d’Ivoire. Ce dispositif comprenait une quarantaine de militaires français acheminés samedi après-midi par hélicoptères de Libreville sur la base de Port-Bouet, près d’Abidjan, et de 300 légionnaires “prépositionnés” à Dakar, la capitale sénégalaise, dans l’attente de l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire. Ces renforts s’ajoutaient aux 550 militaires français habituellement basés en Côte d’Ivoire.

Libération d’au moins six ministres retenus par les militaires
ABIDJAN, 28 déc (AFP) - 13h46 - Au moins six ministres de l’ancien régime, retenus par les militaires, ont été libérés mardi et ont pu regagner leur domicile, a-t-on appris de bonnes sources. Le ministre des Affaires étrangères, Amara Essy, se reposait chez lui, tandis que celui des l’Enseignement supérieur, Francis Wodié du parti Ivoirien des travailleurs (PIT), passé rapidement “prendre une douche et se changer”, était reparti en “réunion”, a-t-on appris auprès des familles des interessés. Le ministre des Affaires présidentielles, Paul Akoto Yao, marginalisé depuis qu’il avait signifié au président déchu Henri Konan Bédié sa perte de popularité dans une lettre, parue dans la presse après une “fuite”, a également été relâché par les militaires, a-t-on appris de bonnes sources. Ont également retrouvé la liberté, le ministre du Commerce extérieur, Guy Alain Gauze, le ministre des Transports, Adama Coulibaly, ancien membre du parti de l’opposant Alassane Ouattara rallié à M. Bédié, et le ministre délégué chargé des jeunes exploitants agricoles, Amadou Ouattara. Sept ministres étaient toujours retenus par les militaires. Plusieurs militaires de hauts rangs sont toujours détenus, dont le commandant supérieur de la gendarmerie, le général Konan Séverin, le directeur général de la police, le général Attoh Nangui, le secrétaire général du Conseil national de sécurité, le général Ehuenny Tanny. Les deux premiers étaient apparus samedi à la télévision pour appeler leurs forces à se rallier au nouveau régime militaire. Un ancien ministre de la Justice, devenu conseiller spécial du chef de l’Etat, l’un des plus virulents porte-voix du régime, Faustin Kouamé, est toujours détenu. En tout, environ une trentaine de dignitaires du régime renversé le 24 décembre avaient été arrêtés par les militaires au pouvoir. Des journalistes proches du pouvoir déchu avaient également été interpellés lundi puis libérés quelques heures plus tard.

Emissaire algérien auprès de général Eyadéma et de M. Salim Ahmed Salim
ALGER, 28 dec (AFP) - 15h33 - Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, président en exercice de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a dépêché mardi un émissaire auprès du président togolais Gnassingné Eyadéma et du secrétaire général de l’organisation panafricaine Salim Ahmed Salim, a-t-on annoncé de source officielle. La mission porte sur les derniers dévelopements intervenus en Afrique de l’ouest et la situation en Cote d’Ivoire, a-t-on précisé. Lors de son dernier sommet en juillet dernier à Alger, l’OUA avait pris la résolution d’exclure de son sein les régimes issus de coups d’Etat.

Les militaires continuent d’installer leur pouvoir en Côte d’Ivoire
ABIDJAN, 28 déc (AFP) - 16h07 - Le nouveau pouvoir militaire ivoirien poursuivait mardi sa prise en main du pays, tandis que le général Robert Gueï, l’homme fort du régime, justifiait le coup de force du 24 décembre devant les ambassadeurs étrangers accrédités à Abidjan. Menant au pas de charge “l’audit des caisses de l’Etat” annoncé par le Conseil national de salut public (CNSP), qui accuse le régime du président déchu Henri Konan Bédié de détournements de fonds, le numéro 2 du nouveau régime, le général Lassana Palenfo, a mené une descente à la direction du Trésor. La tour abritant le Trésor dans le quartier administratif du Plateau était gardée par des soldats en armes, sous le regard approbateur de quelques dizaines de badauds. Lundi, le général Palenfo avait déjà mené une opération similaire dans les locaux de la présidence de la République, a-t-on indiqué de bonnes sources. Six ministres de l’ancien régime, qui étaient retenus par les militaires, ont été libérés mardi. Il s’agit des ministres des Affaires étrangères, Amara Essy, de l’Enseignement supérieur, Francis Wodié du parti Ivoirien des travailleurs (PIT), des Affaires présidentielles, Paul Akoto Yao, du Commerce extérieur, Guy Alain Gauze, des Transports, Adama Coulibaly, ancien membre du parti de l’opposant Alassane Ouattara rallié à M. Bédié, et du ministre délégué chargé des jeunes exploitants agricoles, Amadou Ouattara. Sept ministres étaient toujours détenus, ainsi que le commandant de la gendarmerie, le général Séverin Konan, le directeur général de la police, le général Attoh Nangui et le secrétaire général du Conseil national de sécurité, le général Joseph Ehuenny Tanny. Les deux premiers étaient apparus samedi à la télévision pour appeler leurs forces à se rallier au nouveau régime. Un ancien ministre de la Justice, devenu conseiller spécial du chef de l’Etat, l’un des plus virulents porte-voix du régime, Faustin Kouamé, est également toujours détenu. En tout, environ une trentaine de dignitaires du régime renversé le 24 décembre avaient été arrêtés par les militaires au pouvoir. Alors que les réactions internationales au coup de force ont été assez mesurées, le général Gueï s’est longuement expliqué mardi matin devant les ambassadeurs étrangers sur les récents événements. “Ce n’est pas un coup d’Etat”, a-t-il soutenu, réitérant la version officielle du CNSP sur sa prise de pouvoir, à savoir celle d’une mutinerie spontanée dont les auteurs avaient porté à leur tête des officiers supérieurs en retraite qui n’en demandaient pas tant. Mais il a affirmé que le pays, malgré sa situation économique difficile, “essaierait de garantir sa dignité et son honneur” si la communauté internationale devait suspendre son aide suite au coup de force. Il a promis de garantir les droits de l’Homme et réaffirmé son engagement à assurer la transition vers un régime civil démocratiquement élu, mais sans fournir de calendrier pour l’organisation d’élections. “Le plus tôt sera le mieux. Mais je ne peux pas fixer de délai précis car je ne sais même pas où je vais”, a-t-il déclaré. Plusieurs diplomates soulignaient à la sortie de la rencontre qu’il faudrait “juger sur les actes” le nouveau pouvoir. Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a demandé mardi à ses partenaires de l’Union européenne que soit engagée une “procédure de concertation” avec les autorités ivoiriennes dans le cadre de la Convention de Lomé, qui prévoit normalement une suspension de l’aide en cas de coup d’Etat. L’UE a suspendu son aide à la Côte d’Ivoire en décembre 1998, suite à une affaire de détournement de 18 milliards de francs CFA (180 millions de FF, 27,44 millions d’EUR) dans l’utilisation d’aides européennes.


M. Ouattara à Abidjan mercredi, selon son proche entourage
PARIS, 28 déc (AFP) - 16h11 - L’ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, opposant au président déchu Henri Konan Bédié, rentrera dans son pays mercredi, a annoncé mardi son proche entourage. “M. Ouattara arrivera mercredi soir à Abidjan sur un vol d’Air France en provenance de Paris”, a indiqué à l’AFP Ali Coulibaly, porte-parole du Rassemblement des Républicains (RDR, opposition libérale), le parti de M. Ouattara. M. Ouattara “s’exprimera une fois rentré en Côte-d’Ivoire et pas avant”, a ajouté le porte-parole.


Moscou “regrette” le coup d’Etat en Côte d’Ivoire
MOSCOU, 28 déc (AFP) - 16h39 - Le ministère russe des Affaires étrangères a “regretté” mardi le coup d’Etat en Côte d’Ivoire qui a destitué vendredi dernier le président Henri Konan Bédié. “Les derniers évènements en Côte d’Ivoire ont provoqué en Russie un regret et une inquiétude, car ils portent atteinte au processus de la démocratisation dans ce pays, comme sur tout le continent africain”, a affirmé le porte-parole du ministère, Vladimir Rakhmanine, lors d’un point de presse. Ces évènements “contredisent les décisions du dernier sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) concernant l’inadmissibilité d’un changement de régime forcé dans les Etats africains”, a ajouté M. Rakhmanine. “Nous espérons que les problèmes en Côte d’Ivoire vont être réglés par la voie du dialogue, et selon les principes de conciliation nationale, dans le respect des droits démocratiques”, a souligné le responsable.


M. Ouattara à Abidjan mercredi, selon son entourage
PARIS, 28 déc (AFP) - 17h06 - L’ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, opposant au président déchu Henri Konan Bédié, rentrera dans son pays mercredi, a annoncé mardi son proche entourage. “M. Ouattara arrivera mercredi soir à Abidjan sur un vol d’Air France en provenance de Paris”, a indiqué à l’AFP Ali Coulibaly, porte-parole du Rassemblement des Républicains (RDR, opposition libérale), le parti de M. Ouattara. L’opposant ivoirien sera accompagné par les membres de sa famille, actuellement en France, selon M. Coulibaly. M. Ouattara “s’exprimera une fois rentré en Côte-d’Ivoire et pas avant, et il entend se conformer aux décisions de son parti”, a ajouté le porte-parole, précisant que le RDR a exprimé le souhait que M. Ouattara ne fasse pas de commentaire sur les derniers développements dans son pays jusqu’à son retour. Le parti d’Alassane Ouattara avait “pris acte” dimanche, à Abidjan, du changement de pouvoir en Côte d’Ivoire, après le coup d’Etat militaire conduit par le général Robert Gueï. Alassane Ouattara réside hors de Côte d’Ivoire depuis septembre. M. Ouattara, ancien Premier ministre du président Félix Houphouët Boigny, avait annoncé depuis plusieurs mois sa candidature à la présidentielle prévue en octobre 2000. Il faisait l’objet depuis d’un acharnement du pouvoir pour empêcher sa candidature, sous prétexte qu’il ne serait pas ivoirien mais burkinabè. Cette attitude des proches de M. Bédié avait grandement contribué à la détérioration du climat politique en Côte d’Ivoire ces derniers mois. Le retour de M. Ouattara dans son pays intervient alors que le général Robert Gueï a annoncé lundi la formation d’un gouvernement pour la semaine prochaine, demandant aux partis politiques de lui présenter des candidats ministres, à l’exception de quatre portefeuilles réservés aux militaires.


M. Bédié a “d’une certaine façon provoqué” sa chute: ministre ghanéen
ACCRA, 28 déc (AFP) - 18h10 - Le ministre des Affaires étrangères ghanéen a condamné mardi le coup d’Etat militaire en Côte d’Ivoire, tout en estimant que le président ivoirien déchu Henri Konan Bédié l’avait “d’une certaine manière provoqué” lui-même. “Nous sommes totalement en faveur du changement démocratique de gouvernement, mais pas par des coups d’Etat”, a déclaré Victor Gbeho, interrogé par la station privée Radio Joy. “D’une certaine manière il l’a provoqué lui-même”, a-t-il toutefois affirmé en référence au président Bédié, évoquant la promotion de “l’ivoirité” par l’ancien pouvoir, qui a créé, selon lui, une fracture en Côte d’Ivoire. M. Gbeho a notamment fait référence à la lutte engagée par le pouvoir de M. Bédié contre Alassane Ouattara, l’ancien Premier ministre candidat à l’élection présidentielle. “Pourchasser un homme à ce point n’était pas une politique sage”, a estimé le ministre. Il a souligné que les autorités ghanéennes n’étaient pas entrées en contact avec les militaires ivoiriens qui ont renversé le président Bédié le 24 décembre. Le président ghanéen Jerry Rawlings a lui même saisi le pouvoir par la force à deux reprises, en 1979 puis en 1981.


Le FPI de Laurent Gbagbo prêt à entrer dans le gouvernement de transition
ABIDJAN, 28 déc (AFP) - 19h35 - Laurent Gbagbo, président du Front populaire ivoirien (FPI, socialiste), a annoncé mardi à Abidjan que son parti était prêt à entrer dans le gouvernement de transition que le pouvoir militaire doit mettre en place la semaine prochaine. Le FPI est le principal parti de l’opposition au président Henri Konan Bédié, renversé le 24 décembre. Au cours d’une conférence de presse au siège de son parti, M. Gbagbo a déclaré: “Nous devons prendre nos responsabilités historiques… nous pensons que la situation actuelle va faire avancer notre combat pour la démocratie”. M. Gbagbo a laissé entendre, qu’étant candidat à la présidence de la république, il ne briguait pas personnellement de poste dans ce gouvernement de transition que doit former le Comité national de salut public (CNSP) du général Robert Gueï. Il a affirmé que le Rassemblement des Républicains (RDR) de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, attendu mercredi à Abidjan, avait également décidé de répondre favorablement à la demande du CNSP aux partis politiques de participer au gouvernement qu’il va former. Le FPI et le RDR sont alliés dans un “Front républicain”. M. Gbagbo a déclaré que l’éventuelle présence du parti de M. Bédié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dans ce gouvernement de transition ne remettrait pas en cause la participation du FPI. Il a fait un certain nombre de “propositions pour accompagner notre oui” à une participation au gouvernement de la junte. “Nous souhaitons, a-t-il dit, comme mesure urgente, la création d’une commission” chargée d’élaborer une nouvelle constitution et un nouveau code électoral. Il demande aussi une révision des listes électorales. Il propose que cette constitution soit rédigée d’ici à la fin février et soumise à référendum en mars. Pour lui la transition jusqu’au retour à un régime civil ne devrait pas se prolonger au delà d’octobre 2000. Il se prononce enfin pour une équipe gouvernementale de transition restreinte ne dépassant pas 20 ministres.


La France lève son dispositif militaire d’urgence en Côte-d’Ivoire
PARIS, 28 déc (AFP) - 19h37 - La France a annoncé mardi la levée de son dispositif militaire d’urgence, mis en place après le coup d’Etat militaire mené la semaine dernière en Côte-d’Ivoire. “La France a décidé de lever son dispositif militaire”, a indiqué le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Anne Gazeau-Secret. La France a “décidé de lever progressivement les mesures de précautions” mises en place, pour une intervention éventuelle afin d’assurer la sécurité des ressortissants européens en Côte d’Ivoire en raison de “l’évolution très favorable de la situation” à Abidjan, a annoncé dans la soirée l’état-major des armées. Quarante hommes, qui avaient été positionnés à Port-Bouet (près de l’aéroport international d’Abidjan) depuis Libreville, vont rejoindre mardi soir leur base au Gabon, a indiqué l’état-major. Un détachement de 300 hommes de la Légion étrangère, pré-positionnés à Dakar, va regagner mercredi et jeudi la Corse, a ajouté l’état-major.


Paris lève son dispositif militaire d’urgence en Côte d’Ivoire
PARIS, 28 déc (AFP) - 19h49 - La France a annoncé mardi la levée de son dispositif militaire d’urgence mis en place après le coup d’Etat militaire mené la semaine dernière en Côte-d’Ivoire. “La France a décidé de lever son dispositif militaire”, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Anne Gazeau-Secret. En raison de “l’évolution très favorable de la situation” à Abidjan, la France a “décidé de lever progressivement les mesures de précautions”, a précisé mardi soir l’état-major des armées. Les quarante hommes qui avaient été positionnés près d’Abdijan depuis Libreville, par hélicoptère, vont rejoindre mardi soir leur base au Gabon, a indiqué l’état-major. Le camp de Port-Bouet, base du 43e bataillon d’infanterie de marine (BIMa), près de l’aéroport d’Abdijan, avait accueilli dans la nuit de samedi à dimanche ces quarante soldats français. Quant aux 300 hommes du 2e régiment étranger de parachutistes (REP, Légion étrangère) de Calvi, qui étaient stationnés dans le camp militaire français qui abrite les forces françaises du Cap Vert (FFCV), près de la capitale sénégalaise, ils doivent regagner la Corse mercredi et jeudi, a ajouté l’état-major. Cinq avions de transport militaire Hercules C-130 et Transall C-160 vont rapatrier en Corse mercredi une première partie des 300 légionnaires envoyés à Dakar dans le cadre de l’alerte “Guépard” (détachement permanent de 300 hommes d’alerte en France). Jeudi, un Airbus de la force aérienne de projection de l’armée de l’air transportera en Corse la seconde partie du détachement.


Les présidents malien et gabonais condamnent le coup d’Etat à Abidjan
LIBREVILLE, 28 déc (AFP) - 20h37 - Les présidents malien, Alpha Oumar Konaré, et gabonais, Omar Bongo, ont conjointement condamné mardi à Libreville le coup d’Etat du général Robert Robert Gueï en Côte d’Ivoire. “Notre position est claire. C’est une condamnation de la prise du pouvoir par la force sur notre continent”, a déclaré M. Konaré, à l’occasion d’une visite de travail à son homologue gabonais. “Je condamne un coup d’Etat d’où qu’il vienne, c’est la position du Gabon, mais si les élections (ivoiriennes : ndlr) devaient avoir lieu en octobre 2000 comme prévu, alors je dis d’accord, a nuancé pour sa part M. Bongo.


Washington suspend son aide à la Côte d’Ivoire
WASHINGTON, 28 déc (AFP) - 20h50 - Les Etats-Unis ont suspendu mardi toute aide bilatérale à la Côte d’Ivoire à la suite du coup d’Etat qui s’est produit dans ce pays la semaine dernière, a annoncé le département d’Etat. “Les Etats-Unis vont suspendre immédiatement leur aide bilatérale au gouvernement de Côte d’Ivoire en application de la section 508 de la loi sur l’aide à l’étranger, ainsi que les livraisons d’armes”, a déclaré le département d’Etat dans un communiqué. La section 508 exige la suspension d’une telle aide lorsqu’un gouvernement élu démocratiquement est renversé par un coup d’Etat militaire. “Nous allons aussi réévaluer notre soutien à la Côte d’Ivoire au sein des institutions financières internationales”, précise le communiqué en réitérant la condamnation du coup d’Etat par Washington. La suspension de l’aide bilatérale américaine ne devrait pas avoir beaucoup d’impact immédiat sur les nouveaux dirigeants militaires d’Abidjan, cette aide se montant à moins de 200.000 dollars par an. Le montant de l’aide militaire américaine n’était pas disponible dans l’immédiat. En revanche, un éventuel veto américain au Fonds monétaire international (FMI) ou à la Banque mondiale (BM) pourrait frapper durement ce pays. Le nouvel homme fort de Côte d’Ivoire, le général Rober Gueï, a affirmé mardi que son pays “essaierait de garantir sa dignité et son honneur”, si l’aide extérieure était suspendue suite au coup de force militaire qui l’a porté au pouvoir le 24 décembre. En dépit de la suspension de l’aide, un porte-parole du département d’Etat, Philip Reeker, indique dans le communiqué que Washington se réjouit des signes montrant que les désordres diminuent. “Nous sommes encouragés par les signes montrant que l’ordre est en cours de rétablissement à Abidjan et nous appelons les autorités à assurer la sécurité de tous les Ivoiriens, Américains et autres ressortissants étrangers”, a-t-il indiqué. “Il ne devrait y avoir aucune représailles contre les responsables du gouvernement (du président déchu Henri Konan) Bédié”, a-t-il ajouté. “Nous appelons le régime à adopter une politique de réconciliation nationale pour promouvoir le progrès dans l’avenir”, a déclaré M. Reeker, appelant la junte à “s’engager publiquement à un retour rapide à un gouvernement civil élu au cours d’élections libres et justes le plus tôt possible”.


Les présidents malien et gabonais condamnent les événements d’Abidjan
LIBREVILLE, 28 déc (AFP) - 21h03 - Les présidents malien, Alpha Oumar Konaré et gabonais, Omar Bongo, ont conjointement condamné mardi à Libreville le coup d’Etat du général Robert Robert Gueï en Côte d’Ivoire. “Notre position est claire. C’est une condamnation de la prise du pouvoir par la force sur notre continent”, a déclaré M. Konaré, à l’occasion d’une visite de travail à son homologue gabonais. “Je condamne un coup d’Etat d’où qu’il vienne, c’est la position du Gabon, mais si les élections (ivoiriennes : ndlr) devaient avoir lieu en octobre 2000 comme prévu, alors je dis d’accord”, a nuancé M. Bongo. Le président malien a par ailleurs émis des voeux pour que la réunion ministérielle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qu’il a convoquée mercredi à Bamako, serve à “tirer les leçons” des événement “graves et dramatiques” d’Abidjan “pour les prévenir”. “Ces événements constituent un échec pour nous tous, ils ne devraient jamais être interprêtés comme la victoire d’un camp sur l’autre”, a-t-il ajouté. “Les logiques de coups de force appellent toujours les coups de force et l’instabilité. Si vous sortez de l’expression du suffrage populaire pour vous engager sur la voie des armes, c’est la logique du plus fort”, a martelé le président malien. M. Konaré devait quitter la capitale gabonaise dans la soirée pour le Ghana. Ces deux visites s’inscrivent dans le cadre des prises de contact du chef de l’Etat malien en sa qualité de nouveau président en exercice de la CEDEAO, avaient indiqué des sources officielles dans la capitale malienne.


Bédié enjoint son parti de ne pas entrer dans le gouvernement de transition
LOME, 28 déc (AFP ) - 21h32 - Henri Konan Bédié, président déchu de la Côte d’Ivoire, a demandé mercredi à son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui était au pouvoir depuis 40 ans, de refuser d’entrer dans le gouvernement de transition proposé par les militaires. Dans un communiqué transmis à l’AFP, M. Bédié, déchu vendredi et évacué à Lomé par l’armée française, a demandé aux instances et aux militants du PDCI, dont il est le président, de “refuser d’entrer dans un quelconque gouvernement d’union à former par les responsables du coup d’Etat militaire du 24 décembre”. Le général Robert Gueï, qui dirige le Conseil national de salut public (CNSP), nouveau pouvoir militaire, a demandé lundi à tous les partis politiques ivoiriens de lui présenter des candidats prêts à entrer dans un gouvernement de transition, qui devrait être formé la semaine prochaine. M. Bédié s’exprimait en tant que “président du PDCI”. Les instances de ce parti, dont le secrétaire général Laurent Dona Fologo est toujours retenu par les militaires, étaient réunies mercredi soir pour étudier la réponse à donner au CNSP. M. Bédié a également demandé aux militants du PDCI “de se mobiliser massivement pour prendre une part active aux préparatifs des élections de l’an 2000″. Une élection présidentielle était prévue en octobre 2000. Pour le moment, le CNSP n’a pas communiqué de calendrier pour le retour à la démocratie après des “élections justes et transparentes”. Le CNSP souhaite d’abord une réforme de la constitution, qui sera soumise à référendum et une réforme du code électoral. Le président déchu a également réitéré “son exigence en vue d’un retour à la politique de respect des droits de l’Homme et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, civils et militaires”, retenus par les militaires depuis le coup d’Etat. Six ministres du dernier gouvernement de M. Bédié ont été libérés mardi matin, sept restent retenus dans des casernes. Plusieurs hauts responsables civils et militaires sont également emprisonnés.


Le général Gueï s’est recueilli sur la tombe d’Houphouët-Boigny
ABIDJAN, 28 déc (AFP) - 21h48 - Le nouvel homme fort ivoirien, le général Robert Gueï, s’est rendu mercredi à Yamoussoukro, capitale administrative du pays, pour se recueillir sur la tombe du premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, a annoncé la télévision nationale. Le général Gueï a également rendu visite à la famille du président défunt, qui est enterré dans sa ville natale, à 320 km au nord de la Côte d’Ivoire, qu’il avait transformé en capitale. “Aujourd’hui c’est ce même Houphouët-Boigny qui, par l’entremise de ses soldats, m’a appelé pour la paix”, a déclaré le général à la télévision. Depuis son coup d’Etat le 24 décembre, le général a multiplié dans ses interventions les références à Houphouët Boigny, qui a dirigé le pays de 1960, date de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, jusqu’à sa mort en 1993. Même s’il fut très contesté dans les dernières années de son règne, le président Houphouët-Boigny reste pour les Ivoiriens le “père de la Nation” et un “homme de paix”.

15
juilLe 27 décembre 1999 au fil de l’AFP
Par unevingtaine 0 Commentaires
Catégories: - 2) Le temps du "père Noël", Africa, Afrique, Côte d'Ivoire, Général, Histoire, International et Politique


Les proches du président Bédié ont pu rejoindre Lomé
PARIS, 27 déc (AFP) - 5h36 - Toutes les personnes de l’entourage du président ivoirien déchu, Henri Konan Bédié, qui étaient présentes au camp de Port-Bouet et qui avaient exprimé le voeu de quitter la Côte d’Ivoire, ont pu rejoindre Lomé dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué lundi matin le ministère français des Affaires étrangères. De sources diplomatiques, on indique qu’il s’agit notamment de l’ancien Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, et de plusieurs ministres. M. Bédié était arrivé dimanche après-midi dans la capitale togolaise accompagné d’une douzaine de membres de sa famille ou proches, après avoir été évacué du camp militaire français de Port-Bouet par des moyens aériens français. Il avait été destitué vendredi lors d’un coup de force militaire mené par le général Robert Gueï. Une source diplomatique française à Abidjan avait indiqué au moment du départ du président déchu pour Lomé, que M. Konan Bédié était parti avec sa femme Henriette et ses enfants mais sans son Premier ministre. L’intention de M. Bédié de ne quitter le pays qu’en compagnie de M. Kablan Duncan et de son ministre de la Défense Bandama N’Gatta, réfugiés comme lui dans la base militaire française près de l’aéroport d’Abidjan depuis samedi, avait retardé son départ. Elle avait également provoqué une vive tension entre Paris et le Conseil national de Salut public (CNSP) du général Gueï, le nouvel homme fort d’Abidjan qui s’était opposé au départ de ces deux ministres du gouvernement Bédié. Le général Gueï avait souligné samedi avoir refusé le départ du pays du Premier ministre et du ministre de la Défense afin qu’ils puissent “assurer la passation de service avec les successeurs que nous allons nommer”.


Kablan Duncan arrivé à Lomé avec les ministres de la Défense et de la Sécurité
LOME, 27 déc (AFP) - 6h00 - Le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan est arrivé à Lomé en compagnie des ministres de la Défense, Bandama N’Gatta, et de la Sécurité, Marcel Dibonan Koné, a-t-on appris lundi matin de source officielle dans la capitale togolaise. Les trois ministres sont arrivés avec des membres de leurs familles et ce sont au total 13 personnes qui ont été transportées d’Abidjan à Lomé par deux hélicoptères militaires français, précise-t-on de même source. Les trois ministres se sont rendus au grand hôtel du 2 Février où était déjà descendu dans l’après-midi de dimanche le président renversé Henri Konan Bédié. Après l’arrivée de M. Konan Bédié, le porte-parole du gouvernment togolais, Koffi Panou, avait déclaré qu’”en l’accueillant, le Togo a réaffirmé son attachement à une tradition qui lui est chère, la solidarité à un frère en difficulté”. Il avait souligné dans un communiqué que le président togolais Gnassingbé Eyadéma “a toujours tendu la main et ouvert les portes de son pays aux chefs d’Etat contraints à l’exil”. M. Panou avait conclu que M. Konan Bédié était “chez lui et restera le temps qu’il voudra”.


Abidjan a retrouvé lundi matin une activité normale après une nuit calme
ABIDJAN, 27 déc (AFP) - 9h41 - La capitale économique ivoirienne a retouvé lundi matin une activité normale, après une deuxième nuit parfaitement calme, a constaté l’AFP. Le service de presse du Comité de salut public national (CSPN) a indiqué qu’aucun incident particulier n’avait été signalé dans la nuit, alors que la ville était soumis à sa troisième nuit de couvre feu (de 8H00 à 05H00, locales et GMT). Les habitants semblaient se rendre normalement à leur travail et des embouteillages, d’importance un peu moindre qu’un lundi matin normal, étaient signalés. Les bus et transports privés collectifs fonctionnaient normalement. Les nouvelles autorités militaires, qui ont renversé le président Henri Konan Bédié le 24 décembre, avaient appelé la population a reprendre normalement dès lundi matin ses activités. Les nouvelles autorités ont fait enlever les nombreuses voitures abandonnées qui encombraient les chaussées, et plus aucun barrage ne subsistait, sauf devant le siège de la Radio Télévision Ivoirienne, dans le quartier résidentiel de Cocody. Le CSPN que préside le général Robert Gueï devrait décider lundi de la prolongation ou non du couvre feu, instauré initialement pour une période de trois jours. Le nouveau pouvoir avait annoncé dimanche soir la réouverture pour ce lundi de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, fermé depuis la nuit du 23 au 24 décembre, mais le trafic n’avait pas effectivement repris lundi matin, selon les autorités aéroportuaires.


Le président ivoirien renversé Henri Konan Bédié en visite à Abuja
LOME, 27 déc (AFP) - 9h42 - Le président renversé de Côte d’Ivoire Henri Konan Bédié a quitté lundi matin Lomé pour effectuer une visite dans la capitale nigériane Abuja, a-t-on appris auprès de la présidence togolaise. Il a été accompagné à l’aéroport de Lomé par le président togolais Gnassingbé Eyadéma, et a décollé à bord de l’avion présidentiel togolais. La durée exacte de son séjour au Nigeria n’était pas immédiatement connue. M. Bédié, reversé le 24 décembre par un coup de force militaire, a quitté dimanche la Côte d’Ivoire. Il avait été évacué vers Lomé à bord d’un hélicoptère militaire français.


Josselin: l’attitude de Paris illustre sa “nouvelle politique en Afrique”
PARIS, 27 déc (AFP) - 10h49 - L’attitude de Paris face au coup de force militaire en Côte d’Ivoire “illustre la nouvelle politique française” de non ingérence en Afrique”, a affirmé lundi le ministre français de la Coopération, Charles Josselin sur Radio France Internationale (RFI). “Ce qui vient de se passer illustre la nouvelle politique française en Afrique. Il n’est plus question de nous ingérer dans le débat de politique intérieure, il n’est pas question de maintenir contre la volonté populaire tel ou tel dirigeant. Mais il est évident aussi que cette non-ingérence ne signifie pas indifférence, encore moins abandon”, a-t-il indiqué. “Désormais, c’est l’avenir de nos relations avec la Côte d’Ivoire qu’il s’agit de préserver”, a ajouté le ministre à propos de ce pays, principal partenaire de la France en Afrique. La Côte d’Ivoire “joue un rôle considérable sur l’équilibre de la sous-région, le Mali, le Burkina, le Niger”, a-t-il dit. Selon lui, l’attitude des autorités françaises constitue “un signal” aux dirigeants “qui ne respectent pas les régles démocratiques”. Soulignant l’existence de “dérives” et d’”erreurs de pilotage” de la part du président ivoirien déchu, Henri Konan Bédié, ainsi que des “signes inquiétants” sur le plan de la situation économique et sociale, il a néanmoins réconnu que “rien ne pouvait laisser prévoir ce coup d’Etat militaire”. M. Bédié a été destitué vendredi 24 décembre lors d’un coup de force militaire mené par le général Robert Gueï. M. Josselin a également indiqué que les autorités françaises allaient “dans les heures qui viennent” s’employer à établir le dialogue” avec ses partenaires occidentaux et africains pour assurer le “rétablissement le plus vite possible de la vie démocratique, c’est-à-dire la mise en oeuvre” des élections en côte-d’Ivoire. “Nous sommes prêts à appuyer ce processus”, a-t-il encore dit tout en se félicitant du fait qu’il y ait eu “peu de violences” lors du coup de force. Excluant une suspension dans l’immédiat de la coopération avec la Côte d’Ivoire, M. Josselin a néanmoins mis en avant l’obligation faite aux autorités “d’indiquer les moyens pour rétablir le plus rapidement possible la démocratie et l’état de droit”, promise par le général Gueï. Il a toutefois indiqué que ce que “nous savons de lui nous laisse espérer que cette promesse pourra être tenue”. “Nous allons mettre la pression pour que très vite la situation démocratique” redevienne normale “pour de nouvelles élections puissent être organisées”. a-t-il souligné. A propos des élections présidentielles prévues l’an prochain, M. Josselin qu’il appartenait “aux Ivoiriens d’en décider”.


La “chute du régime Bédié” dans les journaux ivoiriens
ABIDJAN, 27 déc (AFP) - 11h23 - “La Côte d’Ivoire renaît”, “Les militaires libèrent la Côte d’Ivoire”, “L’autocrate tombe des nues”: la “chute du régime Bédié” est saluée par tous les journaux ivoiriens lundi matin. Le National, qui était l’organe des bédéistes les plus durs, n’est pas paru. Fraternité matin, le journal du gouvernement, porte sobrement à la une: “Changement de régime politique en Côte d’ivoire, le président Robert Gueï assure: la sécurité pour tous”. Sous ce titre le journal publie une grande photo des membres du Conseil national de salut public (CNSP, au pouvoir) que dirige le général Gueï. Les journaux de l’opposition au président renversé sont eux dithyrambiques. “La Côte d’Ivoire renaît: Le général Gueï offre au pays le plus cadeau de cette fin de siècle”, écrit à la une le Patriote, proche de l’ancien Premier ministre Alassane Drame Ouattara et de son Rassemblement des républicains (RDR). Notre voie, le journal du Front populaire ivoirien (FPI, socialiste), le parti de Laurent Gbagbo, qui titre en une: “Les militaires libèrent la Côte d’Ivoire”, évoque en page intérieure “Robert Gueï, comme père Noël”. Sous le titre “la main de Dieu”, le journal écrit: “Evincer un dictateur un vendredi du mois sacré de Ramadan, de surcroît le 24 décembre, veille de l’anniversaire de la naissance de Jésus Christ, n’est pas le fruit du hasard. C’est le fait de Dieu”. Soir Info, indépendant, porte en une: “Coup de force militaire en Côte d’Ivoire: Le général Gueï nouvel homme fort: +Nous sommes venus pour balayer la maison+”. Enfin le jour, également indépendant, titre en première page: “L’autocrate tombe des nues” et publie un éditorial titré: “Le Noël de la 2ème république”. Le journal écrit: “Le général Gueï a mis fin au régime plus que trentenaire du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), dirigé par le président Bédié. Ce coup d’Etat, même s’il n’était pas souhaitable, est largement compréhensible. Car il donne la preuve concrète de ce que la Côte d’ivoire du IIIème millénaire ne peut plus être gouvernée avec des idées des anées 50″.


24 morts dans la prison d’Abidjan le 24 décembre
ABIDJAN, 27 déc (AFP) - 11h48 - Vingt-quatre prisonniers au moins ont trouvé la mort le 24 décembre dans les bousculades qui ont eu lieu dans la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) lorsque les soldats mutins ont ouvert les portes de la prison, a-t-on appris lundi auprès des autorités pénitenciaires. Les militaires qui ont renversé le président Henri Konan Bédié au cours d’un putsch qui par ailleurs s’est déroulé sans effusion de sang, s’étaient rendus vendredi dernier à la MACA. Ils entendaient libérer les “prisonniers politiques”, les dirigeants du Rassemblement des Républicains (RDR, libéral), le parti de l’ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara auquel le président Bédié entendait interdire de se présenter à la présidentielle qui était prévue en octobre 2000. Les portes ont été grandes ouvertes et les prisonniers de droit commun en ont profité pour sortir. La MACA s’est ainsi vidée de ses quelque 6.500 détenus, sans que les soldats ne s’y opposent. “Les bousculades, la précipitation, ainsi que le mauvais état de santé de certains prisonniers qui voulaient coûte que coûte être parmi les premiers à sortir, ont été les causes de ces décès”, ont affirmé lundi les autorités pénitenciaires. Elles soulignent par ailleurs que “le grand portail de fer à l’entrée de la prison s’est écroulé sur certains prisonniers”.


Le coup de force contre Bédié était “prévisible”, selon la CPDS
MALABO, 27 déc (AFP) - 12h03 - Le Secrétaire général de la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS, opposition radicale équato-guinéenne), M. Placido Miko Abogo, a estimé lundi que le coup de force militaire en Côte d’Ivoire était “prévisible”. “Dans beaucoup de pays il y a des citoyens responsables qui voient tous les maux qu’entraînent les méthodes de partis uniques encore utilisées par certains dictateurs africains se disant démocrates. La réaction des jeunes mutins ivoiriens était donc prévisible”, a indiqué à l’AFP M. Miko. Pour le CPDS, a-t-il ajouté, “ce coup d’Etat n’est pas une surprise. Après le sommet de l’OUA d’Alger qui interdisait les coups d’Etat en Afrique, nous disions que ceux-ci sont inévitables dans la mesure où l’analyse des chefs d’Etat sur ce sujet était superficielle”. “Il y a actuellement en Afrique un profond malaise dû aux régimes qui jouent sur une apparente ouverture démocratique mais au fond conservent des méthodes de partis uniques, avec un monopole absolu du pouvoir entraînant ces pays dans la misère et la corruption”, a-t-il dit. Selon lui, “il faut maintenant espérer que ce coup serve réellement à sortir la Côte d’Ivoire d’une situation difficile pour qu’enfin s’instaure une véritable démocratie et que cela serve de leçon à d’autres dictateurs” du continent africain, a conclut M. Miko. La CPDS possède un seul siège à l’assemblée nationale contre 75 au Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE, au pouvoir). Elle est la seule formation politique à s’être exprimée jusqu’à présent sur le coup de force militaire en Côte d’Ivoire qui a abouti dimanche au départ du président renversé Henri Konan Bédié.


La presse béninoise accueille favorablement le coup d’Etat en Côte d’Ivoire
COTONOU, 27 déc (AFP) - 12h10 - La presse béninoise a salué lundi le renversement en Côte d’ivoire du président Henri Konan Bédié, le quotidien indépendant Les Echos du jour, parlant d’une chute “salutaire”. Pour ce journal, “le coup de force en Côte d’Ivoire apparaît comme la seule alternative pour mettre fin à une dérive dictatoriale dont on pouvait difficilement voir l’issue”. “Le président Bédié se croyait tout permis au royaume de la Côte d’Ivoire. Confortablement installé, son erreur fut d’oublier qu’il n’a ni la carrure politique, ni la légitimité historique d’un Houphouët Boigny”, poursuit le journal. L’éditorialiste du quotidien indépendant Le Journal parle d’une “triste fin de règne pour un héritier présomptif qui ne s’est pas montré à la hauteur de la charge que lui a confiée le père de la nation”. Pour le quotidien Le Matin, indépendant, le renversement de M. Bédié est une “leçon politique, car les tiraillements politiques autour de l’ivoirité étaient devenus trop criards et apparaissaient comme une diversion désagréable face aux réalités sociales”. “En tout cas, le pire a été évité et l’espoir d’un avenir meilleur est désormais permis”, conclut le journal.


Le général Gueï veut former un gouvernement la semaine prochaine
ABIDJAN, 27 déc (AFP) - 12h45 - Le général Robert Gueï, nouvel homme fort de Côte d’Ivoire, a annoncé lundi la formation d’un gouvernement pour la semaine prochaine, demandant aux partis politique de lui présenter des candidats ministres, à l’exception de quatre portefeuilles réservés aux militaires. Le Comité national de salut public (CNSP), qui a renversé le 24 décembre le président Henri Konan Bédié, entend se réserver les portefeuilles de la Défense - pour le général Gueï -, de la Sécurité, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, a précisé le général Gueï

A SUIVRE.....

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