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Fofana Yaya - 16 juin 2008 -
L’arrivée du ministre des Affaires étrangères françaises, Bernard Kouchner sur le territoire ivoirien semble être le signal d’une approche participative de la France dans la résolution de la crise. D’autant que c’est l’absence de ressources financières qui mettait en mal la mise en application effective du processus de sortie en Côte d’Ivoire. Il va s’en dire que les ex-belligérants de la crise ivoirienne ont beau être des précurseurs de la paix, par la confiance retrouvée dans l’Accord politique de Ouagadougou. Ils n’avaient pas besoin de se targuer, au lendemain de la signature de l’Apo, de s’être appropriés du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire en ironisant avec la Communauté Internationale, et particulièrement avec la France. Donc, l’on avait besoin de l’aide de la métropole pour sortir de l’enlisement auquel le processus de sortie de crise s’était plongé. Le fait d’avoir banalisé la Communauté Internationale, par la mise à l’écart du GTI lors de la signature de l’Apo aurait eu des conséquences graves dans la mise en application effective du processus de paix. C’est de l’ingratitude ça !
Ne sont-ce pas les Forces militaires françaises qui ont freiné l’évolution des tueries fratricides dans notre pays? Ne sont-ce pas eux encore, qui utilisent l’argent de leurs contribuables pour aider la Côte d’Ivoire à retrouver la paix. Ils l’ont démontré aux premières heures chaudes de la crise en invitant la classe politique représentée à l’Assemblée Nationale et les rebelles à signer l’accord de Marcoussis.
A quoi servirait d’écarter la France du processus de sortie de crise ? Qui même, si elle veillait à la protection de ses intérêts économiques en Côte d’Ivoire. Chantée par les patriotes dans les agoras et parlements. Force est de reconnaître qu’elle s’est investie activement à la recherche des solutions idoines pour la paix en Côte d’Ivoire.
Même si les signataires de l’Accord Politique de Ouagadougou ont beau traduit leur volonté à aller à la paix ; sans moyens financiers, l’application du processus de paix devenait de plus en plus difficile, pour eux. Et, comme ils ne savaient plus à quel saint se vouer pour avoir les financements nécessaires. C’est ainsi que, pour ne pas paraître ridicules dans la mise en application effective de l’Accord politique de Ouagadougou. Gbagbo et Soro ont décidé de monter au créneau en jouant du « tape-à -l’oeil » pour se donner un bonne impression, afin de booster le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Pour la réussite du projet, Gbagbo et Soro ont utilisé la ruse pour la paix en Côte d’Ivoire. Cela fait partir du jeu de la politique en Côte d’Ivoire. C’est ça la vérité. Tout semble être bons pour demeurer au pouvoir.
En effet, d’une part le Premier ministre Soro Guillaume était en visite au golfe arabique à la recherche de financement. Aussi, récemment, lors du sommet de la Fao sur la crise alimentaire mondiale qui a eu lieu à Rome (Italie) du 3 au 5 juin, il a re-demandé aux bailleurs de fonds d’aider la Côte d’Ivoire à faire face à la crise alimentaire. Mais, en réalité c’était un discours voilé qui exprimerait leur dernier appel à la Communauté Internationale. Aussi, il a terminé son séjour européen par une visite privée en France. Qu’est-ce qu’il est allé faire, là-bas exactement? Est-ce pour activer la relation « Françafrique » ? A-t-il rencontré des officiels français pour expliquer la façon ils comptent dédommager leurs biens détruits pendant la crise ? Était-il allé pour rassurer les autorités françaises sur leur bonne foi à organiser l’élection présidentielle au 30 novembre? En tout cas, cela restera un mystère diplomatique ! Mais par la reconstruction rapide des écoles (Blaise Pascal..) et d’autres institutions françaises saccagées pendant la crise justifie cette position.
De l’autre part, le chef de l’Etat Laurent Gbagbo a fait un tapage médiatique lors de sa virée nocturne avec ses amis socialistes à la Rue princesse dans le quartier populaire de Yopougon, pour attirer le regard de la métropole et montrer sa popularité en Côte d’Ivoire. Et, aussi il a réussi son pari dans l’organisation à Yamoussoukro (du 10 au 13 juin) de la 12ème réunion du Comité intergouvernemental de suivi et de coordination de la coopération Sud-Sud du Groupe des 77 et la Chine, pour démontrer que la Côte d’Ivoire est prête à accueillir la première banque de cette organisation au sud du Sahara.
Les signataires de l’Apo n’interpellent-ils pas les principaux bailleurs de fonds (FMI et la Banque Mondiale) ? À faire vite pour financer le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Sinon, ils savent désormais à qui s’adresser. Et, aussi comment le faire ? C’est de compter sur soi- même. Où et par quels moyens trouvés l’argent nécessaire ? C’est ainsi qu’ensemble, ils sont allés visiter les grands chantiers que sont : le prolongement de l’autoroute du Nord, la pose de la première pierre du Pont Laurent Gbagbo pour l’extension du port de l’île Boulay et l’avancement de la construction des stations à péage.
Cette manière d’attirer l’attention de la Communauté Internationale semble avoir bien marchée, parce qu’après ces gymnastiques. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner est arrivé en Côte d’Ivoire pour entendre les différentes parties engagées dans le processus de sortie de crise. C’est comme cela, qu’ils recherchaient, vaille que vaille, à ce la France s’implique activement dans le processus, sans faux fuyants. Alors, la visite du ministre Bernard Kouchner apparaît comme un signal que la France voudrait montrer aux principaux acteurs politiques par son implication sans faille à la préparation de l’élection présidentielle du 30 novembre 2008.
C’est ainsi que l’organisation des élections démocratiques, justes et transparentes serait perçue comme une deal au sommet de l’Etat pour avoir un semblant de démocratie en Côte d’Ivoire, par la victoire de Laurent Gbagbo. Les signataires de l’Apo avaient-ils besoin de l’engagement de la France pour garantir la crédibilité des élections générales ? Et même cet état de fait les conduirait à toujours partager à nouveau le pouvoir d’Etat, par un jeu de dupes dont ils semblent avoir l’art de subterfuge et de roublardise pour conserver le pouvoir d’Etat.
Apparemment, la présence d’un ministre français sur le territoire ivoirien pourrait aussi rassurer les bailleurs fonds qui doutaient de la bonne foi des signataires de l’Accord Politique de Ouagadougou.
Cette visite est-elle suffisante à la France d’appréhender toutes les difficultés de la crise en la Côte d’Ivoire, depuis la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou ? Dans tous les cas, l’avenir nous situera sur la bonne foi des signataires de l’Apo à aller à la paix. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
Fofana Yaya
Http:// kanijofr.blogspot.com
kanijofr@yahoo.fr


