Essence, gas-oil et gaz : LES COURS MONDIAUX FONT FLAMBER LES PRIX

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Add to your del.icio.us del.icio.us
  • Digg this story Digg this

Archive

Lu Ma Me Je Ve Sa Di
1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031

Newsletter

Subscribe to newsletter:

Poll: EVENEMENT DE L'ANNEE 2008

Quel évènement en Cote d’ivoire vous a le plus marqué en 2008
Adjust font size: Decrease font Enlarge font
image 

Frat Matin - 07 Jul 2008 -
 
Annoncée depuis près de 3 mois, l’augmentation des prix intervient aujourd’hui.

Les prix du super sans plomb, du gasoil, du pétrole lampant et du gaz butane connaissent, depuis minuit, une augmentation. Ainsi, le super sans plomb qui était vendu à la pompe à 615 FCFA  le litre  coûte désormais 795 FCFA (180 FCFA de hausse ou encore 29,27% d'augmentation). Le gasoil, lui a été renchéri de 240 FCFA,  passant ainsi de 545 FCFA à 785 FCFA (+44,04%). En ce qui concerne le pétrole lampant, davantage utilisé par le monde rural, le litre passe à 550 FCFA contre 470 précédemment, ce qui représente une majoration de 80 FCFA par litre (soit +17,02 en valeur relative). Ces nouveaux prix ont été rendus publics hier par un communiqué du gouvernement lu par son  Secrétaire général, Félix Tyéoulou-Dyéla, au cours du journal télévisé de 13 heures de la première chaîne de la télévision ivoirienne. Avec cet ajustement, le marché représente désormais environ 70% du prix à la pompe et les prélèvements de l'Etat, 19% (sensiblement proche de la TVA supportée par les consommateurs sur les produits). Les nouveaux  prix s'étendent également au secteur gaz butane. Ici, la bouteille de 6 kilogrammes (B6) passe à  2000 FCFA contre 1500 anciennement ;  celles de 10 kilogrammes (B10) à 3.600 FCFA contre 2800 FCFA ; 12,5 kilogrammes (B12,5) à 4.500 FCFA contre 3500, et B25 à 9.000 FCFA contre 7000, et enfin la bouteille de 26 kilogrammes (B26) à 10.000 FCFA au lieu de 7.840 FCFA. Concernant justement le gaz butane, le gouvernement n'entend plus laisser prospérer son utilisation à des fins de combustible automobile. Il interdit fortement cette pratique qui se développe en Côte d'Ivoire et qui apparaît comme l'une des sources des difficultés d'approvisionnement en gaz des ménages, au-delà des risques que peuvent encourir les utilisateurs de ce produit comme un carburant auto. De même, les pouvoirs publics  interdisent formellement tout entreposage et transvasement du gaz. Tous ceux qui s'y adonneront seront frappés de sévères sanctions, avertit le gouvernement  dans son communiqué. Lequel assure que toutes les dispositions seront prises pour alimenter régulièrement le marché national en gaz butane, et éviter ainsi les pénuries qui sont en général à la base des jeux spéculatifs qui poussent bien des vendeurs à pratiquer de la surenchère.

Dans ce même communiqué, l'Etat situe le contexte dans lequel ces nouveaux prix sont intervenus. L'on retient que depuis le dernier trimestre 2003, le prix du baril du pétrole flambe sur le marché international ; passant ainsi de 25 dollars américains à 147 dollars en ce mois de juillet 2008. Déjà en décembre 2007, ce baril se vendait à 99 dollars sur le marché international. Et en moins de 7 mois, il a augmenté de 48 dollars (environ 20640 FCFA)! Les prix à la pompe étant bloqués depuis 2005 (615 FCFA pour le super, 545 pour le gasoil et 470 pour le pétrole lampant), cette montée du cours du baril de pétrole se faisait de plus en plus ressentir sur  la santé  financière de la Société ivoirienne de raffinage (SIR), chargée par l'Etat,  de l'application du blocage des prix à la pompe, et donc de la concrétisation de la subvention sur le terrain. Cette société a enregistré, de septembre 2007 à juin 2008, un déficit de 63 milliards de FCFA lié directement à la politique de blocage des prix à la pompe. En fait, la Sir perd entre 6 et 7 milliards par mois au dire de son directeur général, Joël Dervain, en fournissant du carburant au pays aux prix à la pompe fixés et bloqués depuis 2005.  Devant cette situation, et le risque que pourrait faire courir au pays tout entier une fermeture éventuelle de la Sir, fleuron du raffinage en Afrique de l'Ouest, le gouvernement n'avait d'autre choix que d'étudier la révision des prix du carburant et du gaz, à la hausse. Et c'est le résultat qui est là.

Pour le gaz, il faut noter que sa subvention a coûté à l'Etat environ 20 milliards de FCFA en 2007, et devait coûter entre 25 et 28 milliards de FCFA au terme de 2008 sans ajustement dans ce secteur.

Gooré Bi Hué

Des stations ont fermé, hier soir
Les autorités ivoiriennes ont commis (visiblement) l’erreur d’annoncer trop tôt les mesures relatives à l’augmentation des prix du carburant, prévue ce matin. Conséquence, plusieurs stations d’essence, particulièrement à Adjamé, ont fermé hier après-midi, sous prétexte qu’il y a pénurie. Or, selon des indiscrétions, les responsables de ces stations entendent, ainsi, réserver leur stock pour le nouveau prix. Afin de réaliser un bénéfice plus important. Cette attitude, surtout cet engouement des gérants de stations à appliquer  les nouveaux prix,  a choqué la plupart des automobilistes. Car, font-ils remarquer : «ils sont très alertes pour augmenter, mais lorsqu’il s’agit de réduire les coûts, les pompistes font de la résistance ».

C. Djezou


Le temps des sacrifices

Après cette vague d'augmentations de prix annoncée par le gouvernement, la question axiale que l'on peut se poser aujourd'hui est la suivante : comment les autorités vont-elles gérer les répercussions sur le transport, les coûts des denrées alimentaire, et sur bien d'autres secteurs d'activités économiques et sociales ? Car, l'augmentation du gasoil (+44,04%), avouons-le, va gravement impacter les tarifs de transport, les véhicules destinés au transport en commun et des marchandises roulant quasiment tous au gasoil. Quels types de sacrifices les transporteurs ivoiriens sont-ils prêts à consentir pour contribuer, à leur façon, à minimiser une éventuelle grogne des populations préjudiciable à l'activité économique dont ils sont un des maillons essentiels ? La réunion que ces transporteurs auront cet après-midi avec le ministre d'Etat, ministre du Plan et du Développement, Paul Antoine Bohoun Bouabré, permettra sans doute d'en savoir davantage, de situer les uns et les autres. Alors,  que faire pour que les travailleurs puissent supporter ces nouvelles charges qui pointent à l'horizon? Sale temps  que la flambée du prix du pétrole impose aux gouvernants dans le monde entier ! L'Etat ivoirien, lui, comme le communiqué du gouvernement relatif aux ajustements susmentionnés l'indique, a décidé de renoncer à une part importante des recettes budgétaires tirées du trafic pétrolier, en la réduisant de 20 milliards de FCFA au cours du dernier semestre 2008. Dans la conférence de presse qu'il a animée le 3 juillet dernier à l'occasion des 9es matinales " du Centre d'information et de communication gouvernementale (CICG), le ministre des Mines et de l'Energie, Léon Emmanuel Monnet, avait indiqué que l'augmentation qu'il fallait pour retrouver l'équilibre du secteur pétrolier était d'environ 280 FCFA/litre. Cependant, l'Etat poursuivait, avait-il laissé entendre,  ses études et analyses pour ne pas atteindre ce taux. En augmentant de 180, 240, et 80 FCFA respectivement le super sans plomb, le gasoil et le pétrole lampant, le gouvernement est effectivement resté en dessous de l'augmentation qu'il aurait fallu, selon les estimations faites par les experts. Mais ces taux sont au-dessus de ce qui avait été annoncé fin avril-début mai 2008, et qui laissait penser que la hausse se situerait dans une fourchette de 104 francs pour le super et 114 pour la gasoil. Tout cela montre que sous la poussée du cours du baril de pétrole brut qui pourrait atteindre, selon les spécialistes, 170 voire 200 dollars américains (entre 73.100 et 86.000 FCFA) d’ici à la fin de l’année 2008, les choses évoluent rapidement dans ce secteur. Hélas.

G. B. H

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Add to your del.icio.us del.icio.us
  • Digg this story Digg this

Repondre comment Commentaires (0 Poster)

m²photography