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L'Inter - Jeudi 31 juillet 2008 par G. DE GNAMIEN -
Plusieurs unités de la police déployées •Le film des évènements -
Un accrochage est chose ordinaire dans la circulation ; mais celui qui s’est produit dans la nuit du mardi 29 juillet dernier entre une Mercedes de couleur noire et une Toyota blanche au carrefour de la Riviéra-II est en passe de devenir une affaire d’Etat. Etant entendu que l’un des principaux acteurs de cet accident qui est la fille d’un ministre de la République, a décidé de donner une autre dimension à l’affaire. De quoi s’agit-il ? Ce mardi-là, vers 21 heures, le Président directeur général de la société CIAD-Primo, Dembélé Babily, se rend à son domicile, à bord de sa Mercedes, en compagnie de son fils. Parvenu aux feux tricolores du grand carrefour de la Riviéra-II, l’équipage sent un violent choc à l’arrière de sa voiture. Son chauffeur marque un arrêt pour mieux comprendre ce qui se passe. Mais il n’aura pas le temps de le faire ; puisque l’un des occupants de la Toyota blanche qui venait de le percuter, met pied à terre pour s’en prendre au chauffeur de M. Babily. ‘’Qu’est-ce que tu as fait-là ! Tu n’as pas raison...’’, s’est-il emporté, selon des témoins de la scène. Les instants d’après, celui-ci est rejoint par un autre occupant de la Toyota, un homme de forte corpulence, visiblement entretenu par une pratique sportive assidue. Par son physique imposant, ce dernier veut s’imposer par la force et l’intimidation. ‘’Vous ne savez pas à qui vous avez affaire. Vous avez affaire à la fille du ministre Oulaye’’, a-t-il tonné avant de brutaliser le fils du patron de CIAD-Primo. Sur ce, la jeune dame qui était assise jusque-là dans la Toyota surgit pour se mêler au tohu-bohu qui a suivi. Dembélé Babily qui joue la carte du droit, propose un constat. Si celui-ci a fait appel aux éléments du 18ème arrondissement de police qui ont pour zone de compétence le lieu de l’accrochage, il n’en est pas de même pour les occupants de la Toyota. Eux, vont ameuter toute la République. Selon des témoignages recoupés sur les lieux de l’accrochage, un homme identifié comme étant le garde du corps du ministre Hubert Oulaye et un autre reconnu comme étant son chargé de protocole, vont arriver sur le ‘’théâtre des opérations’’ au volant de deux véhicules de type 4X4 avec à leur bord, des hommes en uniforme. Les instants d’après, la nuit sera trouée par le halo des gyrophares de la Préfecture de police et du District de police de Cocody pour tirer la fille du ministre de cette mauvaise passe. Sur place, le chauffeur n’a pas le temps d’esquisser le moindre geste de résistance ; il est conduit manu militari à la Préfecture de police, vers minuit 30, où il est gardé à vue. Quand notre équipe de reportage se déportait à la Préfecture de police, hier, vers 12 heures, le fils du PDG qui s’est rendu dans les locaux de la Préfecture de police, pour connaître le sort réservé au chauffeur de son père, a été accueilli par une surprise. En effet, la police a exigé son audition. ‘’Le service Constat général de la Préfecture de police qui était chargé du dossier a été dessaisi au profit des Enquêtes générales. La fille du ministre a porté plainte contre les occupants de la Mercedes pour coups et blessures volontaires ainsi que pour vol de numéraires’’, a confié une source proche du dossier. Au moment où nous mettions sous presse, nous avons joint le PDG de CIAD-Primo pour connaître sa version des faits. Mais celui-ci s’est refusé à tout commentaire se contentant d’indiquer que cette affaire, somme toute rocambolesque, est entre les mains de la police. Quant à la partie plaignante, nous n’avons pu la rencontrer.


