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samedi 9 août 2008 - Par Le Nouveau Réveil -
C`est l`un des plus farouches opposants au régime FPI. Son engagement sans calcul aux côtés du Président lui a valu un procès intenté contre lui par Laurent Gabgbo et peut-être son éviction du gouvernement Banny. Pour autant, Adjoumani n`a pas changé. Mais l`homme est convaincu que des gens tapis dans l`ombre cherchent des poux dans ses cheveux. Adjoumani est en colère.
Bonsoir monsieur le ministre
Bonsoir
Récemment, les Ivoiriens et plus précisément les militants du PDCI ont été surpris de vous voir aux côtés de Mme Gbagbo et avant elle, vous avez accueilli le chef de l`Etat qui était en visite dans le Zanzan. Est-ce qu`on peut considérer, au vu de ces deux éléments, que la hache de guerre est désormais enterrée entre vous et le couple présidentiel ?
D`abord, je voudrais vous dire merci pour l`occasion que vous me donnez aujourd`hui d`éclairer nos militants par rapport à certains faits. Quand j`étais ministre de la République, le Président Laurent Gbagbo avait fait une visite dans le Zanzan. En tant que ministre, j`étais encore dans le gouvernement, il ne m`a jamais donné l`information qu`il allait venir dans le Zanzan. Et à cet égard, je me suis dit que quelque part, il n`a pas eu de la considération pour ma personne. Je ne suis donc pas parti à ce rendez-vous. D`ailleurs, j`étais à Paris. Donc je ne pouvais pas y être. Pour la deuxième fois, voulant corriger les erreurs du passé, nous avons été informé par voie officielle, par le préfet, que le chef de l`Etat devait se rendre dans le Zanzan en vue de l`inauguration d`une unité industrielle pour décortiquer l`anarcade. Nous y étions. Mais je n`étais pas le seul, il y avait des militants du PDCI et non des moindres. Il y avait notre vice-président du PDCI, Yaya Ouattara, notre doyen, le ministre Kouman Yao Alphonse, le ministre Essy Amara, le ministre Adou Kouadio, le papa Adam Yeboua.
Tous les cadres alors ?
Tous les cadres du Zanzan. En tout cas, nous étions tous là. Puisque nous avions eu l`information que le Président allait se rendre dans le Zanzan. Mais la première fois je n`avais pas été informé, quand bien même j`étais ministre, j`ai décidé de ne pas y aller. Même si je n`étais pas en mission à Paris je ne serais pas allé. Parce que quand quelqu`un ne te considère pas dans son affaire, vous n`y allez pas.
Au cours de cette rencontre, surpris certainement de vous voir, le Président a échangé avec vous. Et il a dit qu`il allait demander la levée des poursuites contre vous. Qu`est-ce qu`il en est ?
C`est pour cela qu`il faut que les gens lisent les journaux. Il ne faudrait pas voir seulement ce qui se passe à la télévision. "Le Nouveau Réveil" a fait un large écho de ce qui s`est passé entre le Président Gbagbo et moi à Bondoukou. Tous nos doyens que je viens de citer étaient présents. Et tous avaient souhaité qu`on mette fin à ce problème de procès qui n`honore pas le Président de la République, le chef de l`Etat Laurent Gbagbo. Donc à l`occasion d`une rencontre entre le Président et tous ces doyens et les cadres du Zanzan, le problème a été évoqué par le ministre Kouman Yao Alphonse qui faisait office de doyen parmi tous ceux qui étaient présents. Il était soutenu par les ministres Yaya Ouattara, Essy Amara et le papa Adam Yeboua Patrice. Le problème a été posé et le Président Laurent Gbagbo s`est expliqué. Je ne veux pas entrer dans les détails de ce qu`il a dit. Mais également je me suis expliqué pour rappeler ce que j`ai dit et pourquoi je l`ai dit. Nous nous étions compris et séance tenante il a dit que lorsqu`il sera à Abidjan, il allait demander à son avocat de laisser tomber l`affaire. Mais jusqu`à preuve du contraire, je n`ai aucun écho de cette affaire puisque personne ne m`a informé si l`affaire a été déclassée ou pas. Ce qui est sûr, il avait pris l`engagement de le faire. C`était tout à fait normal. Je ne l`ai pas fait seul. C`était sur initiative de nos doyens qui avaient estimé que cette affaire commençait à mettre mal à l`aise tout le monde y compris le chef de l`Etat lui-même.
C`était donc un règlement à l`africaine?
Oui. C`est un règlement à l`africaine. Personne n`est allé se saborder. Depuis toujours, en ce qui concerne cette affaire, quand les parents avaient souhaité demander pardon au président Gbagbo, j`avais opposé une résistance parce que je ne me reconnais pas dans ce que les autres disent de moi. Je ne suis pas un récalcitrant. Je n`ai fait que dire la vérité et si parce que j`ai dit la vérité je dois aller me saborder en allant demander pardon, je ne pouvais pas et c`est pour cela que malgré toutes les tractations qui ont été faites, j`ai décidé et j`ai dit à mes parents que je ne vais pas présenter des excuses au chef de l`Etat pour qu`on laisse la justice suivre son cours. Et c`est ce qui s`est passé. Mais tout récemment, ce sont nos doyens, nos parents qui m`ont demandé qu`on laisse cette affaire pour que désormais nous parlions de paix. Je ne pouvais donc pas m`opposer à mes aînés quand même. C`est ce que nous avons fait. Mais quelque temps après le chef de l`Etat, il y a la première dame qui était en visite dans le Zanzan et qui est aussi allée jusqu`à la maison chez vous, monsieur le ministre. C`est vrai, la première dame était dans le Zanzan. Et encore une fois le préfet de Tanda m`a appelé pour me dire que la première dame allait venir dans le département de Tanda, elle irait dans mon village et comme elle vient dans le cadre de la politique, il souhaiterait que nous soyons là pour l`accueillir et après, elle va vaquer à ses occupations politiques. La première dame devait venir dans mon village. Au départ, j`avais pensé à de la provocation parce que c`était des villages ciblés. C`est-à-dire des localités ciblées. Elle partait dans le village de Michel Kouamé, délégué départemental, elle vient dans le village d`Adjoumani, délégué départemental et opposant farouche au régime FPI. Donc pour moi, au départ, c`était de la provocation. Mais les informations sont parvenues dans tous les villages qu`elle venait en tant que première dame, qu`elle avait un message du chef de l`Etat à donner, au-delà de la politique. D`aucuns mêmes ont fait croire qu`elle venait pour parler de développement puisque des militants du FPI se promenaient dans les villages pour dire à toutes les populations de venir et qu`elle ne venait pas pour faire de la politique mais parler de développement et également leur faire des dons pour les aider à subvenir à leurs besoins quotidiens. Par rapport à ces informations, c`est sûr que nos militants allaient faire le déplacement. Mais si nos militants sortaient nombreux pour venir à un rassemblement qui, au départ, n`était pas à but politique comme on l`a fait croire et qui se transforme pour être politique, ça ne peut que les décourager. J`ai donc estimé qu`en tant que président du conseil général, député de Tanda et en même temps ressortissant d`Amanvi et sur conseil du roi, j`ai décidé de rester à Amanvi d`abord pour encadrer nos militants qui allaient venir. Parce que la plupart venaient me voir pour me dire que les gens sont venus les voir et leur ont fait croire que la première dame vient parler de développement et non de politique.
Qu`est-ce qui s`est passé finalement ?
Quand elle est arrivée, je suis allé avec le préfet et autres, nous l`avons accueillie à Dessentan, chez le sous-préfet. Puisque la maison du sous-préfet se trouve à Dessantan, à 500 mètres du village. Nous l`avons accueillie là. Et elle a fait savoir qu`elle allait passer chez moi à la maison après son meeting. Elle a même souhaité que je l`accompagne à son meeting. Elle a également demandé que le roi vienne parce qu`elle a un message du chef de l`Etat. L`engagement que j`ai pris vis-à-vis des militants du FPI qui encadraient madame c`était que si je suis là et qu`on parle mal du PDCI, alors je vais me lever. Dieu merci, nous sommes partis. A Nassian, elle a critiqué le PDCI de façon négative mais à Amanvi, c`était un autre discours. Mme Gbagbo n`a fait que faire les éloges du PDCI-RDA, ce que Houphouët a fait pour le développement de la Côte d`Ivoire. Des journaux ont rappelé cela. D`ailleurs "Le Nouveau Réveil " a fait un large écho de ces informations données par Mme Gbagbo. Donc elle ne s`est même pas attaquée au PDCI-RDA. Après, elle est venue me rendre une visite de courtoisie en tant que député, elle-même est député. C`était une occasion pour moi de lui dire que l`autre jour, j`ai reçu son mari à Bondoukou. Et qu`aujourd`hui, je le fait pour elle à Amanvi mais tout ça obéit seulement à l`apaisement et c`était après tout la première dame, donc en tant que Républicain, je l`ai fait. Et elle-même a vu qu`il y avait tellement de militants PDCI qui étaient dans leurs tenues du PDCI. Quand j`ai pris la parole, je lui ai fait savoir cela. Les gens n`ont vu que les dons que je remettais mais est-ce qu`ils ont écouté tout le message ? Parce qu`avant même que je ne l`accueille, les militants du FPI avaient fait savoir aux populations qu`elle pouvait aller partout sauf chez moi. Et elle est venue donc déjà c`est une victoire. Puisque les gens du FPI ont dit que Mme Gbagbo ne viendrait jamais chez moi. Ensuite on a fait savoir que (je ne sais si je dois le dire) bref, elle est venue et elle a compris que Adjoumani, quand même pèse dans le Zanzan. Et elle sait que tous ceux qui étaient là sont nos militants. Mais il fallait que je sois là pour ne pas qu`on aille dire demain que tout le département de Tanda est allé au FPI. Si on le dit, moi-même étant président, c`est que je suis allé au FPI. Et Dieu merci, les militants ont bien compris. Ils sont certes venus (quelques-uns). Nous étions tous là. Mme Gbagbo ne s`est pas attaquée au PDCI. C`était le pas qui a été salué par tout le monde. D`ailleurs dans les journaux, on en a parlé. Si aujourd`hui les gens pensent que parce que Mme Gbagbo est allée chez moi ou que le Président Gbagbo était avec nous dans le Zanzan donc Adjoumani est devenu…
Monsieur le ministre, il se raconte que lors de son séjour à Amanvi, Mme Gbagbo vous a offert beaucoup d`argent en privé ?
Effectivement, elle a donné beaucoup d`argent mais c`était en public. 400 mille francs exactement qu`elle a reparti comme suit : 200 mille francs au comité d`organisation, 100 mille francs aux populations, 50 mille francs aux danses et 50 mille francs à un sculpteur. Voilà tout. A part ça, je n`ai pas vu trace de 5f de Mme Gbagbo. On ne peut pas m`acheter avec 400 mille francs et nos militants non plus. Qu`on arrête de nous dénigrer gratuitement. Mais nous n`allons pas arriver là d`abord.
Est-ce qu`on peut dire qu`après ces deux visites la palabre est finie entre Adjoumani et le couple Gbagbo ?
Ce qu`il faut retenir c`est que moi je ne suis jamais en palabre avec le Président Gbagbo ni avec son épouse. J`obéis à un principe. Je fais de la politique comme M. Gbagbo fait de la politique. Et quand je vois des choses qui ne vont pas, je les dénonce. La première fois, j`avais parlé de coup d`Etat en rappelant tous les propos du président Gbagbo Laurent au moment du coup d`Etat. Et à la fin, j`ai conclu pour dire qu`il n`était pas étranger à ce qui nous est arrivé. Pendant qu`il était à Bondoukou, j`ai rappelé cela pour lui dire que c`est ainsi que j`ai parlé. Une première fois, son épouse était à Tiengouakro pour parrainer l`installation officielle d`un sous-préfet. J`avais pris la parole pour dire que c`est bien beau de donner des sous-préfets partout mais c`est quand même inadmissible que des personnes censées représenter le chef de l`Etat et le gouvernement de Côte d`Ivoire ne puissent pas avoir le minimum pour se déplacer. Ils n`ont pas de véhicule ni de maison. Ils n`ont rien. Donc c`est l`Etat qui est en déliquescence. Et que ce n`était pas normal. Quand j`ai dis cela, tout le monde m`a apprécié. Les préfets, les sous préfets et tous ceux qui étaient là ont applaudi. Et il y a des sorciers militants du FPI qui ont fait croire à Mme Gbagbo que mon propos s`attaquait à elle. Elle s`en est prise à moi.
Alors que c`était une revendication légitime ?
En tant que président du conseil général, c`étaient des revendications. J`ai même fait des doléances pour qu`on fasse venir des véhicules. Deux semaines après, il y a eu les états généraux de la décentralisation à l`Hôtel Ivoire. Mon discours a été repris par le Président Laurent Gbagbo, qui a dit que les conseils généraux ne disposaient pas de moyens pour faire le travail. J`avais dénoncé ça aussi pour dire qu`on nous a fait croire qu`on allait nous donner des milliards, or ce sont des centaines de million mais qui n`arrivent même pas. 290 millions pour développer tout un département ! Aujourd`hui d`ailleurs, le département de Tanda a été éclaté. Et c`est dire qu`avec 290 millions, on doit faire le développement partout. C`est ce que j`ai dénoncé. Si dénoncer veut dire insulter alors j`insulte. Mais en réalité, je ne suis pas un rebelle ni un récalcitrant. Je dis la vérité et comme certaines personnes n`aiment pas la vérité, souvent ça les choque et quand ça les atteint, ils vous prennent pour leur ennemi. Moi, je ne suis en palabre avec personne. Mais je suis militant du PDCI-RDA. Quand ils étaient dans l`opposition, ils se sont attaqués à nous. Aujourd`hui, nous sommes à l`opposition. Quand ils posent des actes qui n`ont rien à avoir avec la réalité, c`est de notre devoir de les attaquer. Parce qu`on a l`impression que ce sont des gens qui, tout comme le bourreau, n`aiment pas qu`on passe derrière lui avec le couteau, c`est sûr que ça leur fait mal. M. le ministre, ces propos ont été diversement interprétés dans certains cercles, même à l`intérieur du PDCI.
On pense que vous n`êtes plus le militant fougueux, vous êtes devenu très souple et même caressant à l`endroit du régime FPI. Est-ce votre avis ?
Je crois que je suis gêné, surpris et même déçu de ceux qui pourraient penser que Adjoumani ne fait plus l`affaire du PDCI-RDA. Ceux là, je laisse leur compte à Dieu. Je fais intervenir le merveilleux qui est Dieu dans cette affaire parce que quand quelqu`un se bat pour la cause d`un parti, quand on met tout ce dont on dispose au service d`un parti, quand tous les jours on est parrain dans des localités différentes où on envoie des motos, des bicyclettes pour aider au développement du parti, pour la main mise du parti dans les localités et qu`on apprend ce genre de chose, ça ne peut que décourager. Mais je crois que ceux qui ont ces idées ont pour souhait de me voir me ramollir pour que le PDCI à jamais chute. Je ne vais pas rentrer dans leur jeu. J`ai été ministre dans le gouvernement du président Gbagbo. Il m`avait même désigné comme porte-parole adjoint. Mais cela ne m`a pas empêché de dire certaines vérités. Quand je partais dans le gouvernement, plusieurs personnes m`ont appelé pour me donner des conseils. "Quand vous étiez député, vous aviez pris des engagements, cette fois-ci il faut faire attention, il ne faut plus mal parler sinon le Président Gbagbo va vous enlever de son gouvernement". Mais c`était mal me connaître parce que j`ai un idéal que je veux atteindre. Celui de dire la vérité et de dénoncer les pratiques malsaines qui sévissent. Donc parce que membre du gouvernement, parce que le gouvernement me donne des moyens, je suis payé comme un ministre, j`ai des avantages alors je vais me saborder. Mais non, ce n`est pas du Adjoumani ça. Et c`est pour cela que pendant que certains se cachaient, j`ai pris l`engagement de défendre le PDCI même en étant ministre comme d`autres d`ailleurs qui l`ont fait avant moi et après moi. Et je l`ai fait pas parce que je suis un rebelle ou parce que je veux être en palabre avec les gens. Mais quand par exemple je sors et qu`un jeune comme Blé Goudé s`attaque à Bédié quelque part, il faut que je réagisse entant que jeune pour dire que ce qu`il dit n`est pas juste. Et c`est mon devoir aussi de dire ce que son chef fait. Je l`ai fait pendant que j`étais ministre où j`étais dans la "gueule" du Président Gbagbo. Parce qu`en réalité, c`était lui qui incarnait le gouvernement ce n`est pas maintenant où je ne suis plus ministre (peut-être aussi par sa faute) que moi Adjoumani, je vais me résumer à suivre le FPI, à suivre le Président Gbagbo.
Quel est ce militant qui suit Gbagbo, à qui Gbagbo donne tout et puis dans les meetings se met à cisailler le FPI ? Ça veut dire quoi ? Le Président Gbagbo n`est pas lâche. Sinon comment comprendre qu`on donne son argent à quelqu`un à qui on dit tu es avec moi et que la personne va à Tiébissou pour déstabiliser le FPI. Dans le Zanzan, j`ai fais la même chose. Dans toute la Côte d`Ivoire où je suis sollicité, j`attaque le FPI dans ses pratiques mafieuses. Et puis il ne réagit pas. Ça veut dire que c`est ingrat. Parce que je ne peux pas comprendre que je sois avec eux, je les attaque et ils ne réagissent pas pour dire qu`on a donné des millions à Adjoumani et il nous attaque. Donc ceux qui le pensent sont mauvais pour le parti. Mais que Dieu leur pardonne leur faute parce qu`ils ne savent pas ce qu`ils font. M. le ministre, après tout ce qui s`est passé dans le Zanzan, vous n`avez aucun lien parallèle avec le FPI.
N`êtes-vous pas prêt vraiment de retourner votre veste ?
Mais quel lien voulez-vous que j`aie avec le FPI ? Pendant que le FPI était au pouvoir où il avait les moyens de sa politique, je n`y suis pas allé. Ce n`est pas maintenant, où le FPI est entrain d`agoniser que je vais m`évertuer à y aller. Ou bien vous ne savez pas lire la politique ? Vous-même, vous êtes journaliste, si vous croyez à cela mais c`est dommage pour vous. Tous ceux qui peuvent penser sans avoir peur de Dieu que Adjoumani flirte avec le FPI. Ces gens, je les laisse à Dieu qui va régler leur compte. Si d`aventure de mon côté j`ai pris des engagements avec le FPI pour saboter mon parti que Dieu règle mon compte. Donc avis aux détracteurs qui, parce qu`Adjoumani est sur tous les fronts pour vendre l`image du président Henri Konan Bédié et du PDCI-RDA, veulent le déstabiliser auprès de ses chefs. Je leur demande de faire attention car le courroux de Dieu va s`abattre sur eux. Et puis dans tous les cas, comme vous l`avez pensé, ça veut dire qu`il y a des gens qui pensent également cela. Si j`aurais dit qu`il ne faudrait même pas que mes parents du Zanzan le sachent. Parce que eux qui me voient toujours au four et au moulin en train de les mobiliser pour la course au pouvoir du parti et du président Bédié, s`ils apprennent un seul instant qu`il y a des gens qui doutent de mon appartenance au PDCI, cela peut les amener à se décourager définitivement. Dieu merci, ils ne vont pas le faire parce que nous savons que tous ces détracteurs cherchent à tuer le PDCI. Parce qu`ils ont des entrées faciles chez le président Gbagbo, chez Mme Gbagbo et ils pensent que tous les autres sont ainsi faits. Donc je les laisse avec leur conscience et je dis que Dieu va régler le compte de chacun selon les actes qu`il a posés. Mais soyez sûr que ce n`est pas au moment où le FPI est en train de subir ses propres turpitudes, où il est en train d`arrêter ses directeurs de campagne où le président Gbagbo est en train de chasser tous ses proches collaborateurs autour de lui, ce n`est pas ce moment que moi Adjoumani, je vais choisir pour entrer dans cette maison en pleurs. Je préfère vivre dans la maison du PDCI et être heureux et fier parce que la petite renommée que j`ai, c`est grâce au PDCI-RDA, c`est grâce à Henri Konan Bédié. Et le jour que je voudrais prendre une autre voie, je crois que ça sera la catastrophe pour moi-même. Puisque mes parents ne me comprendront jamais.
M. le ministre, effectivement vous faites allusion au procès, à l`opération "Mains propres" dans la filière café cacao, les scandales, les cadres du FPI qui perdent les cinq cent millions par-ci et par là. Apparemment…
Je pense qu`au début, quand le Président Houphouët-Boigny était là, au pouvoir dans les années 90, au moment de l`avènement du multipartisme, le FPI utilisait un vocabulaire connu de tous. "les grilleurs d`arachides" "PDCI voleur", "Houphouët voleur". Mais aujourd`hui toute cette poche de moralité s`est évaporée, évanouie, détruite. Est-ce que vous entendez aujourd`hui dire PDCI voleur ? Parce qu`on sait maintenant qui est le vrai voleur. C`est tellement grave que finalement, tous ceux qui gravitent autour de lui sont aujourd`hui à la MACA. Pourquoi tous les dirigeants du FPI font des va-et-vient à la MACA. C`est pour aller soutenir les voleurs. Mais si on va soutenir les voleurs, c`est qu`on est soi même voleur. Quelqu`un me disait comme ça que le Président Gbagbo a envoyé ses directeurs de campagne aller faire campagne à la MACA. Parce qu`il y a plus de 10.000 électeurs là-bas. Je me demande si c`est vrai ou faux mais toujours est-il qu`on a mis des gens en prison sous prétexte qu`ils ont volé. Même si cela obéit à d`autres pratiques, c`est qu`ils ont le mauvais rôle. Car quand ils vont sortir de là-bas, nous allons les appeler voleurs. Et puis si on veut pousser loin cette opération "Mains propres" jusqu`à tout le monde, aucun cadre du FPI ne peut y échapper. Tellement, ils sont tous mouillés jusqu`à la gorge. Peut-être que Gbagbo sera le seul à échapper au naufrage parce qu`il est l`initiateur de l`opération. Sinon tous autour de lui sont mouillés jusqu`au cou. Et c`est bien fait pour eux, eux la poche de moralité, eux qui voyaient des voleurs partout, maintenant on ne les entend plus. Aujourd`hui encore, on parle de la vie qui est chère, on ne peut plus acheter le sac de riz, on ne peut rien acheter, les parents souffrent. Les uns mangent, la majorité les regarde manger et on oublie que c`est ça qui envoie les soulèvements. Mais je suis quand même déçu du peuple ivoirien. Parce que dès qu`on a annoncé la nuit que le lendemain le prix du carburant va connaître une hausse, la même nuit tout le monde est passé dans les stations pour faire des stocks, pour faire le plein de leur voiture comme si les reservoirs ne vont jamais se vider. C`est cette inquiétude que j`ai de voir le peuple ivoirien en train de cautionner toute cette mascarade. C`est grave. Dès lors que vous allez faire le plein, ceux qui augmentent ne peuvent que se réjouir pour dire que "la mayonnaise a pris". Ils sont allés pour se ravitailler, ça veut dire qu`ils sont convaincus que ce que nous faisons, on ne doit pas reculer. Donc on enlève des miettes et on pense que c`est la fin du monde. Si c`est bon pour le moral des Ivoiriens c`est mieux. Je ne peux pas leur demander de se soulever là où ils sont contents. C`est quand on est mécontent qu`on peut dire soulevez-vous. Mais déjà ils sont tous contents parce qu`on a diminué de 100F. Et la vie continue.
M. le ministre, on va finir avec une question sur le projet de remaniement du gouvernement et la menace sur les élections. Qu`en pensez-vous ?
On nous dit que les élections ont lieu le 30 novembre. Si les élections ont lieu à cette date, on ne doit plus parler de remaniement ministériel. Parce qu`avec la mise en place d`un nouveau gouvernement, vous êtes tenu non seulement de changer les hommes mais de faire d`autres organigrammes qui vont prendre assez de temps.
Des organigrammes à l`intérieur des ministères ?
Oui, à l`intérieur des ministères. Et quand ils vont venir, ils vont changer les hommes avec de nouvelles attributions. Tout ça va prendre trois mois. Et après on viendra dire, compte tenu de la nouvelle donne, on va reporter les élections. Je crois que c`est de la mascarade qui a vite été découverte par les Ivoiriens. Nous ne pouvons pas marcher avec cela. Dans tous les cas, Ouaga n`a jamais dit qu`il y aurait un autre remaniement. Et puis de quel pouvoir dispose le chef de l`Etat pour faire un remaniement alors que lui-même est là par arrangement politique ? Je crois donc que souvent le chef de l`Etat veut nous tourner en bourrique pour voir notre capacité de réaction. Dieu merci le RHDP a bien réagi et je salue d`ailleurs cet engagement. Il faut qu`il aille jusqu`au bout. Aujourd`hui, il n`est pas question de parler de remaniement. Il faut qu`on aille à des élections, il faut qu`on réfléchisse sur ce qu`on doit faire pour que tout le monde ait sa carte nationale d`identité, pour aller voter plutôt que de parler de remaniement ministériel comme si c`est ce qui va faire que le miracle va se réaliser en Côte d`Ivoire. Et puis dans tous les cas, il reste quatre (4) mois pour aller aux élections. Pendant huit ans, on a fait que parler de gouvernement. Ce qu`on n`a pas pu faire en huit ans, ce n`est pas en trois mois, on va le réaliser. Donc on nous pompe l`air avec cette affaire de remaniement qui est de la poudre aux yeux. En tout cas, on n`en veut plus. On connaît maintenant tout ça. La boulangerie a assez duré. Mon souci, c`est qu`on aille vite aux élections pour qu`on voie ceux qui sont du côté du Président Gbagbo et du FPI et ceux qui sont du côté du PDCI et du Président Henri Konan Bédié. Vous venez même de dire qu`il y a des gens qui doutent de certaines appartenances désormais. Donc vivement qu`on fasse les élections et on va voir qui est qui et qui joue dans quel camp. Il serait quand même inadmissible qu`il n`y ait pas d`élections. Ce qui va maintenir les gens dans le doute. Pour le moment, il faut que vous soyez rassuré que s`il doit rester une seule personne pour défendre la candidature du Président Henri Konan Bédié c`est bien moi. Et j`ai les arguments pour défendre cette candidature non seulement dans ma région mais dans toute la Côte d`Ivoire. Je suis prêt à le faire, n`en déplaise aux détracteurs qui pensent que c`est sous cette forme qu`ils peuvent nuire au PDCI-RDA. Dans tous les cas, moi, ça me faire rire qu`on dise cela et je sais que les militants du Zanzan vont certainement rire quand ils vont apprendre que Adjoumani serait en train de flirter avec le FPI. En tout cas, vivement que les élections arrivent et que nous allions en campagne. Je demande même que le Président Henri Konan Bédié mette en place avec le directeur national de campagne le Secrétaire général Djédjé Mady, l`équipe qui ira sur le terrain comme cela se passe partout ailleurs pour qu`on voie qui est qui et qu’à l`appel on sache ceux qui vont répondre. En tout cas, ça peut être d`autres personnes mais pas Adjoumani. Et puis le jour que je vais le faire ce serait ma mort parce que j`ai pris un engagement devant mes parents que je suis fidèle à Bédié. J`ai pris un engagement que je serai fidèle au PDCI-RDA. Le jour que je ne peux plus honorer cet engagement, j`irai avec les parents le dire. Mais ce jour-là ce n`est pas pour demain, ce n`est même pas pour après demain et ce n`est même pas pour plus tard parce que le PDCI c`est Adjoumani. Adjoumani respire PDCI, Adjoumani respire Henri Konan Bédié. Je n`ai pas besoin de le prouver par la parole mais par les actes de tous les jours. Et en la matière, tous ceux qui me sollicitent pour leurs parrainages, tous ceux qui me sollicitent pour leur soutien peuvent bien répondre. Et dans tous les cas d`ailleurs le PDCI n`a pas eu de problèmes pour intégrer la Commissions électorale indépendante à Tanda, on n`a pas eu non plus de difficultés parce que nous nous sommes entendus au RHDP. Nous nous sommes partagés les postes avec à la tête le PDCI-RDA. C`est la volonté de nos militants au sein du RHDP qui savent aussi ce que nous les élus de Tanda faisons pour cette organisation. Et pour les audiences foraines également, ce que nous avons fait pour soutenir nos militants. Donc, il ne faudrait pas que les gens viennent perturber la quiétude de nos militants et donner des informations de nature à les décourager. Je vous le dis, je suis sincère. Dieu saura récompenser chacun en fonction des actes qu`il a posés pour le bien-être du PDCI-RDA et pour la victoire du Président Henri Konan Bédié, l`idole. C`est vrai que ces temps-ci vous ne me voyez pas beaucoup. Je me suis replié au village. Parce qu`il y avait les audiences foraines et la CEI locale qu`il fallait mettre en place. Il y a aussi un certain nombre de choses qu`il faut régler. Mais au-delà de tout cela, nous au PDCI, nous sommes un peuple de travailleur, un parti de travailleur. Aujourd`hui, je suis en train d`initier l`hévéaculture et le palmier à huile dans notre département. Cette année, nous avons réalisé près de 80ha de palmier à huile. Nous allons faire la même chose pour l`hévéa. Nous avons près de 400ha de pépinière d`hévéa. Donc, je suis sur le champ. Tu ne peux pas demander à des personnes de s`initier à une culture sans que tu n`en sois un modèle toi-même. C`est ce modèle que je constitue. C`est pourquoi le plus souvent, on se rend compte qu`Adjoumani est très régulier à Tanda, il n`est plus à Abidjan. Je suis à Tanda mais je sors de Tanda quand je suis sollicité ailleurs comme ce fut le cas l`autre jour à Tiébissou où nous avons eu à offrir une moto à la section pour ses déplacements. Nous l`avons fait pour certaines sections. A Tabagne, à Fidi, à Transua... un peu partout. Nous le faisons, nous sommes sollicité. Donc, ne pensez pas que lorsque Adjoumani n`est pas à Abidjan, il n`est plus au PDCI.
Interview réalisée par Akwaba Saint-Clair


