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Frat Matin- 03 Dec 2008 - Les Forces nouvelles de Côte d’Ivoire (Fn) ne sont pas du tout contentes des déclarations du président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan, et des tournées de lobbying en direction des chancelleries. Démarches au cours desquelles il réclame «le désarmement complet des ex-combattants de l’ex-rébellion avant la tenue des élections». C’est pour mettre un terme à cette campagne et au projet de «déstabilisation» de la Côte d’Ivoire qu’on leur prête que les Forces nouvelles ont décidé de réagir. Une conférence de presse a été animée, à cet effet, par le porte-parole du mouvement, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sidiki Konaté, qui avait à ses côtés le directeur de la communication des Fn et conseiller spécial du Premier ministre Alain Lobognon. «Nous sommes venus vous prendre à témoin», a déclaré Sidiki Konaté qui dit ne pas comprendre la brusque «sortie de route de M. Affi N’Guessan contre l’Accord politique de Ouagadougou». Qui, pourtant, a permis au pays de retrouver la paix, consolidée par les actions du Premier ministre Guillaume Soro. Comme s’il oubliait, a-t-il noté, que le dialogue direct a été mené à la demande du Président de la République pour sortir de «l’impasse» après l’adoption de la résolution 1721. Un dialogue que son mouvement n’a pas demandé encore moins le poste de Premier ministre et les portefeuilles ministériels. N’étant pas le résultat d’«une capitulation», les FN ne vont jamais accepter que l’une des parties signataires de l’Apo les désarme de manière unilatérale parce qu’elles ne peuvent pas faire confiance à Affi. Pour le conférencier, le désarmement se fera non pas selon le schéma d’Affi, mais selon ce qui est prévu dans l’Accord politique de Ouagadougou. Et plus précisément, en suivant le plan conjoint des opérations élaboré par les deux armées (Fds-Ci/Fafn). Naturellement en fonction de la disponibilité des financements qui font défaut au point que les 80% des ex-combattants des Fn qui sollicitent des fonds pour leur réinsertion socio-économique sont obligés de patienter. Mieux, les questions militaires (grades, quotas), qui ont déjà trouvé solution, selon lui, seront officialisées en janvier 2009 à la signature du 4e accord complémentaire.
Pour le porte-parole des Fn, si Affi N’Guessan considère que l’Accord de Ouaga a échoué, il doit être plus «responsable» pour demander à ses ministres de sortir du gouvernement. «Nous allons d’abord faire une requête auprès du Président» avant une quelconque décision du mouvement. Mais toujours est-il que le départ des ministres Fpi «sera un préalable» au fonctionnement normal du gouvernement.
S’agissant des «menaces» qui planent sur la sécurité et la défense nationale, les Forces nouvelles ont décidé, a dit le conférencier, de prendre le peuple ivoirien et la communauté internationale à témoin pour ne pas qu’elle soit surprise demain. Sidiki a fait remarquer que les FN détiennent des «preuves» palpables de ce que «Affi N’Guessan et sa bande» préparent «un coup d’Etat contre l’exécutif» ivoirien et «un plan d’assassinat du secrétaire général et Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro». Au nombre des preuves en sa possession, a-t-il dit, figure le regroupement, à Abidjan, de plusieurs personnes au nombre desquelles des ex-militaires des Forces armées des Forces nouvelles. Objectif recherché, mettre un terme au processus d’identification et d’élections. Une fois le forfait commis, Affi mettra alors l’acte sur le compte de la rivalité Soro / Ibrahima Coulibaly. Et de menacer le président du Fpi. «Affi doit être arrêté. On peut l’arrêter et il n’y aura rien. Le Président de la République est d’accord avec ce que nous disons. Il est au courant du contenu de cette conférence. Et il n’est pas exclu qu’on le fasse arrêter», a-t-il ajouté. Parce qu’il est à la tête d’une coalition qui veut la guerre et qui est opposé à ceux qui veulent la paix, au nombre desquels le Premier ministre et le Président de la République. Cependant, il a promis une riposte appropriée au cas où ce plan machiavélique était exécuté. A défaut, elles sont prêtes à se retirer dans leurs zones pour mieux organiser.
En tout état de cause, Guillaume Soro ne se laissera pas «intimider» par qui que ce soit.
Des actes qu’il a justifiés par le fait que, étant en disgrâce au sein de son parti depuis la signature de l’Accord de Linas-Marcoussis face à Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale, il a décidé de durcir sa position pour avoir la faveur des militants. Le conférencier a même établi un lien entre la conférence de presse du président du Fpi et les soulèvements dans leurs zones puisqu’il est intervenu au lendemain de l’attaque de Séguéla. «Nous savons le coup d’Etat qu’il veut faire pour (re)devenir Premier ministre».
Le conférencier s’est également inquiété de la répercussion des déclarations de l’ancien Premier ministre Affi au niveau des chancelleries et des bailleurs de fonds. Il a aussi exclu toute idée de dialogue avec lui, estimant que le seul interlocuteur des Forces nouvelles est le Chef de l’Etat.
Paulin N. Zobo


